Houdan ou l’art délicat de l’«équilibre harmonieux »

Houdan ou l’art délicat de l’«équilibre harmonieux »

Houdan (3 700 habitants, Yvelines) propose aux communes environnantes les services et les commerces d’un bourg-centre tout en bénéficiant de l’orbit

Champigny-sur-Marne mise plus que jamais sur ses zones d’activités
Novaxia : cap sur la transformation de bureaux
Les doléances des maires aux ministres

Houdan (3 700 habitants, Yvelines) propose aux communes environnantes les services et les commerces d’un bourg-centre tout en bénéficiant de l’orbite parisienne. Mais pour maîtriser sa croissance et « prendre la bonne trajectoire », le pays houdanais veut désormais se doter d’un projet de territoire.

Une ville pour bien vivre à la campagne. Ce slogan, qui apparaît d’emblée lorsque l’on cherche quelques informations sur Houdan sur la toile, n’est certes pas des plus originaux. Mais il est probablement juste : cette petite ville de 3700 habitants, située aux confins des opulentes Yvelines, a si bonne réputation que la population y croît lentement mais sûrement depuis plusieurs années déjà. En quatre décennies, elle a même doublé.

Ce que l’on vient chercher ici ? Bien sûr, la nature : elle est partout, entre vallées verdoyantes, cours d’eau et berges poissonneuses. L’art et l’histoire aussi : des églises médiévales, quelques châteaux et des maisons à colombages s’égrènent au fil des ruelles, un imposant donjon couronne le tout. Mais les résidents apprécient surtout à Houdan quelque chose de davantage impalpable : c’est, selon Jean-Marie Tétart, maire de la ville et président de la communauté de communes du pays houdanais, « un développement équilibré et harmonieux » recherché avec constance par une équipe municipale particulièrement stable.

Au cœur de la communauté de communes

En chiffres, cela donne par exemple 1,7 emploi par actif sur les communes du pays houdanais. Autant dire que le taux de chômage reste ici très bas. Ceux qui ne bénéficient pas d’un emploi local, 50 % des actifs environ, prennent le train – 55 minutes pour Montparnasse- pour aller vers des pôles d’emploi les plus importants, vers l’Ouest parisien ou vers la région Centre. « On peut aller travailler à Paris mais on ne compte pas sur la capitale pour vivre ! », conclut Jean-Marie Tétart.

« Nous construirons probablement quelque 250 logements dans les huit prochaines années », assure Jean-Marie Tétart, maire de la ville et président de la communauté de communes. « Car pour accueillir de nouveaux résidents, il faudrait d’abord être capable de développer de nouveaux emplois !»

La ville, tout en bénéficiant de l’orbite parisienne, offre aussi aux 30 000 habitants du pays houdanais – 34 communes à cheval sur les deux régions – les services d’un bourg-centre actif. C’est notamment un commerce de proximité diversifié, « dû au fait que l’on a toujours refusé les grandes surfaces », affirme le maire. Houdan affiche aussi nombre de services publics : ici se trouvent le collège, la piscine, la gare, une salle de consultation dotée de son scanner et de son IRM…

Mais l’aménagement du territoire, le maire le sait bien, est un art difficile. Il s’agit donc désormais de poursuivre le mouvement et d’accueillir de nouveaux habitants, certes, mais en nombre limité alors même que les candidats sont nombreux : « Nous construirons probablement quelque 250 logements dans les huit prochaines années », assure le président de la communauté de communes. « Car pour accueillir de nouveaux résidents, il faudrait d’abord être capable de développer de nouveaux emplois !» Et c’est là que ça se complique : malgré la densification, que le maire veut bien mettre en œuvre dans une certaine mesure, il faudrait « tout de même débloquer des terrains pour l’activité », souligne Jean-Marie Tétart, « car nous ne voulons pas créer des sans-emplois ou multiplier les navetteurs ».

Un projet de territoire pour une « trajectoire maîtrisée »

Une ambition que le ZAN, mais aussi les pesanteurs de l’intercommunalité, rendent complexe : « Nous n’avons pas de PLUI », admet le président de la communauté de communes, « et c’est sans doute dommage. Il y a aussi tant de lourdeurs administratives et de contraintes inventées par l’État ! ».

Pour aller de l’avant, le pays houdanais va donc s’atteler très sérieusement à un nouveau « projet de territoire » : « Nous allons faire un diagnostic complet de notre situation, mettre sur la table les difficultés qui se présentent et débattre pour préparer l’avenir ».

L’objectif pour le maire – élu à la tête de l’exécutif communal depuis 26 ans ! – ne change pas : avant tout, il s’agit de grandir sans mettre en danger l’« équilibre harmonieux » houdanais…

Retrouvez l’intégralité du dossier consacré à « La revanche de la « grande banlieue »» dans le 34ème numéro d’Objectif Grand Paris.

Lire sur le même sujet :

La revanche de la « grande banlieue »

« Tout l’enjeu du Grand Paris est de créer un territoire du commun »

Comment se portent les villes de la grande couronne parisienne ? La réponse de l’IAU.