Thales : la fin des tickets ?

Thales : la fin des tickets ?

S’absenter pour mieux revenir. C’est ainsi que Thales réapparaît sur le marché français, avec TransCity, un système de billettique qui permet notammen

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S’absenter pour mieux revenir. C’est ainsi que Thales réapparaît sur le marché français, avec TransCity, un système de billettique qui permet notamment de s’affranchir des titres de transport.

Des files d’attente parfois interminables, une multitude de tarifs, des distributeurs en panne… Quel voyageur n’a jamais été découragé devant la difficulté de se procurer un titre de transport ? Le Grand Paris Express sera-t-il l’occasion de changer la donne ? C’est en tout cas ce qu’espère le groupe Thalès, qui a notamment à son arc la corde du transport terrestre. Le géant des hautes technologies propose ainsi de révolutionner les systèmes de billettique avec TransCity. Cette gamme de solutions ultra-connectées a pour but de faciliter toutes les étapes, depuis l’achat de titres par les usagers puis leur validation jusqu’à la redistribution des revenus aux différents opérateurs de transport. Chacun devrait donc y trouver son compte.

Valider les mains dans les poches ?

Pour les usagers, la grande révolution réside dans l’absence de titre de transport. Si si… « TransCity met les nouvelles technologies au service de la mobilité. Hier opéraient les poinçonneurs, aujourd’hui existe le pass électronique sans contact et demain… les téléphones portables remplaceront les tickets », explique Étienne Chevreau, responsable produits des activités billettiques de Thales. Les voyageurs pourront ainsi accéder aux trains grâce à leur smartphone. Il leur suffira de le présenter devant le boîtier de validation, comme il en existe déjà en Île-de-France avec le système du passe Navigo. Il sera également possible de franchir les portillons simplement en présentant sa carte bancaire : celle-ci sera débitée du montant de la course. Petit bonus : un écran affichera le solde encore disponible sur le porte-monnaie électronique après chaque passage par le portique.

Ces paiements sans contact seront rendus possible par la technologie NFC, à savoir Near Field Communications ou communication dans un champ proche. NFC est déjà disponible dans certaines grandes villes et chez certains commerçants, même si elle regroupe encore peu d’adeptes. Le « hands-free validation » va-t-il inverser la tendance ? « Cette technologie permettrait de traverser les portiques les mains dans les poches ! Nous sommes encore en phase de recherche et développement », poursuit Étienne Chevreau. Que les nostalgiques se rassurent, les bons vieux tickets papier existeront toujours. Il sera même possible de les réutiliser en les rechargeant pour d’autres voyages.

Toujours plus de data

Pour les opérateurs de transport, TransCity se propose de faciliter la répartition des revenus si plusieurs d’entre eux opèrent sur un même territoire. C’est le cas en Île-de-France où la SNCF, la RATP et d’autres acteurs se partagent le service public. Un accent est également mis sur le mobilier pour limiter les fraudes : les portillons seront conçus en hauteur et seront ainsi difficilement franchissables. Enfin, les opérateurs pourront récolter des données pour proposer une offre de service adaptée aux voyageurs : ajuster le nombre de trains aux heures de pointe, proposer des dessertes directes sur certaines destinations ou encore créer des points de vente supplémentaires font partie des demandes de nombreux usagers. Pour se procurer ce concentré de technologies, une région comme Paris devrait débourser quelques centaines de millions d’euros. « La ville de Budapest, qui représente un bassin dix fois plus petit en termes de population que la région parisienne, vient de faire l’acquisition d’un système billettique pour 100 millions d’euros, équipements compris », explique Laurent Eskenazi, directeur des activités billettiques de Thales en France. À ce jour, différentes options de TransCity sont opérationnelles au Pays-Bas, au Danemark et au Mexique. En France, c’est la communauté urbaine de Bordeaux qui ouvre la voie, avec un contrat signé fin 2014.

Sur le papier, Thales promet monts et merveilles. Mais, sur le terrain, la chasse aux contrats risque de s’avérer compliquée. « En France, le marché est pris par la SNCF et la RATP qui élaborent leur propre système de billettique. Nous espérons trouver notre place sur ce marché très concurrentiel », conclut Laurent Eskenazi.

Crédits : Thalès – Phone Validation (photo encart) / C. Recoura.

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