Le casse-tête de l’évacuation de terre

Le casse-tête de l’évacuation de terre

La ligne 15 entre en travaux sur les communes de Champigny-sur-Marne et d’Issy-les-Moulineaux. À l’ordre du jour, la déviation des réseaux souterrains

La gare Pleyel, emblématique du Grand Paris Express
Massy, « ville de province» à côté de Paris
Les terres promises du réseau Grand Paris Express

La ligne 15 entre en travaux sur les communes de Champigny-sur-Marne et d’Issy-les-Moulineaux. À l’ordre du jour, la déviation des réseaux souterrains, et ce, jusqu’en 2017. Viendront ensuite les premières évacuations de terre. Combien de tonnes ? Comment les transporter ? Qui pourrait les réutiliser ? Voici quelques éléments de réponse apportées par Frédéric Willemin, directeur de l’ingénierie environnementale à la Société du Grand Paris (SGP).

Quelle est la part de terres polluées qui sera extraite ?

Nous l’estimons entre 5 à 10 % au maximum. Il existe différentes techniques pour séparer les terres saines des terres polluées. Les entreprises spécialisées utilisent, par exemple, une bactérie qui digère les hydrocarbures.

Le Grand Paris Express permettra à cette filière de se développer et favorisera l’expérimentation de techniques nouvelles. C’est l’occasion d’innover, notamment sur la gestion des lieux de stockage en petite couronne, où les sites accessibles sont limités.

Comment comptez-vous évacuer ces tonnes de terre ?

La SGP cherche à limiter au maximum le transport routier.
Nous menons des études pour que la majorité des terres soit extraite par les puits des tunneliers, qui seront positionnés au plus près d’un cours d’eau ou d’une voie ferrée. Cependant, l’évacuation par camions sera quelquefois inévitable…
Pour limiter ces transports polluants, nous chercherons, par exemple, à regrouper les déblais dans un centre de traitement le plus proche possible des chantiers où ils pourront être triés et revalorisés.

Ne craignez-vous pas des retards dans le calendrier de ces évacuations ?

L’évacuation des terres fait partie du projet. L’ensemble du processus est pris en charge par la SGP. À ce jour, il est difficile d’en connaître le coût exact. C’est la première fois que la Région sera confrontée à cet enjeu à une telle échelle.
Chaque année, entre 3 et 10 tonnes de terre seront traitées. Nous étudions la possibilité de les revendre, une fois valorisées, aux entreprises de travaux publics pour la fabrication de routes ou encore aux collectivités pour leurs projets urbains.

Chiffres clés
55 mètres : c’est la profondeur que devraient atteindre les tunneliers.
40 millions : c’est le nombre de tonnes de terre que génèrera le Grand Paris Express sur 10 ans.
2017 : c’est l’année où commenceront les premières excavations.

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