Champigny-sur-Marne : une cité-jardin toujours dans l’air du temps

Champigny-sur-Marne : une cité-jardin toujours dans l’air du temps

Champigny-sur-Marne fait partie des quelques communes franciliennes à accueillir une cité-jardin sur son territoire. Située au nord de la ville, ell

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Champigny-sur-Marne fait partie des quelques communes franciliennes à accueillir une cité-jardin sur son territoire. Située au nord de la ville, elle a été réalisée durant l’entre-deux-guerres afin d’offrir de meilleures conditions de vie aux ouvriers. Aujourd’hui, presque un siècle après sa construction, le quartier semble ne rien avoir perdu de son charme.

« Les habitants de la cité-jardin ont conscience qu’ils vivent dans un quartier exceptionnel. Quand les gens s’y installent, ils ont du mal à en partir. » Patricia Masson sait de quoi elle parle. Elle travaille aux Archives communales de Champigny-sur-Marne, lieu dans lequel elle mène des actions éducatives et culturelles. Ce quartier, elle le connaît sur le bout des doigts. Elle a d’ailleurs récemment accompagné des écoliers dans la réalisation d’un logo pour la cité-jardin. Il est aujourd’hui visible sur les bornes historiques qui ont été posées un peu partout dans le quartier. Un parcours rendu possible par la labellisation « Patrimoine d’intérêt régional », obtenue en 2018. Cette distinction permet à des sites franciliens de bénéficier d’aides pour de la restauration ou des aménagements dédiés au public. « Bien que cette labellisation ne soit pas un outil de protection du patrimoine, elle apporte de la visibilité à la cité-jardin. En outre, elle lui donne de l’importance aux yeux des habitants et les sensibilise sur sa dimension architecturale », explique Milena Crespo, animatrice de l’Association régionale des cités-jardins d’Île-de-France.

La cité-jardin de Champigny-sur-Marne « fait partie des poids-lourds », selon Milena Crespo, c’est-à-dire des plus emblématiques. L’Île-de-France en compte 80 au total. Parmi les plus connues, il y a celles de Suresnes, de Stains, de Gennevilliers ou encore du Pré-Saint-Gervais. « Chaque cité-jardin respecte les grandes lignes du concept mais elles sont différentes de par leur architecture. Celle de Champigny-sur-Marne, par exemple, affiche des briques rouges en façade aussi bien pour les logements collectifs que pour les pavillons », précise Milena Crespo.

Une douzaine d’hectares

Au début du XX siècle, Henri Sellier, président de l’office départemental des Habitations à bon marché de la Seine, prend l’initiative de développer des cités-jardins en Île-de-France. L’homme politique et le maire de Champigny-sur-Marne de l’époque, Albert Thomas, portent la même ambition : améliorer les conditions de vie de la population ouvrière qui augmentait au cours des années. Les deux hommes entreprennent alors de faire construire une cité-jardin à Champigny-sur-Marne bien que la parcelle choisie, au nord de la ville, soit éloignée des transports en commun et des usines.

La construction débute ainsi en 1928. Sur 12 hectares seront construits 1 054 logements collectifs et 142 maisons individuelles. « C’est l’un des premiers exemples de cité-jardin. Jusque-là, c’était surtout le patronat, avec les cités ouvrières, qui était le maître d’ouvrage de ce genre quartier », poursuit Patricia Masson. La première phase de travaux durera jusqu’en 1937, avec un achèvement total en 1949.

Reconnaissable à ses briques rouges en façade, la cité-jardin campinoise l’est aussi de par son plan concentrique et son réseau de voiries en étoile. Elle se distingue également des autres cités-jardins par ses sentes, venelles et petites placettes propices aux rencontres entre voisins ou encore par les deux styles architecturaux qui s’y côtoient. Le premier donne au toit une forme pentue, présente des avant-corps centraux en façade et affiche des balcons en fer forgé. Le second, plus sobre, donne à voir des toits-terrasses, des balcons en béton armé et, en façade, des briques posées tantôt à l’horizontal tantôt à la verticale ou en diagonale.

Installation de la Garde républicaine

Malgré ces différences notables avec les autres cités-jardins, des ressemblances demeurent, issues du concept même de la cité-jardin. Plusieurs équipements publics sont présents dans le quartier, comme une salle des fêtes (devenue aujourd’hui un conservatoire) qui accueillait autrefois un cinéma et un dispensaire, ainsi qu’un groupe scolaire. « Sa conception a été très soignée. Les architectes ont joué avec la topographie du terrain. Lorsqu’on est face à l’école, elle s’élève sur un seul niveau. Mais, à l’arrière, on en retrouve trois », indique Patricia Masson.

Bien qu’elle présente beaucoup de qualités, la cité-jardin, excentrée, a du mal à trouver son public. Peu après la fin des constructions, plusieurs centaines de logements sont loués à la Garde républicaine. Cette dernière s’en ira au début des années 2000. L’occasion pour le bailleur, l’Office public d’aménagement et de construction (Opac) Val-de-Marne, de réhabiliter ces lots et d’en vendre une partie en accession à la propriété.

Aujourd’hui, avec la présence d’une gare RER à proximité immédiate du quartier et d’un réseau de bus qui le dessert, la cité-jardin reste un atout indéniable pour la commune.

Chaque année, lors du Printemps des cités-jardins, organisé en juin par l’Association régionale des cités-jardins d’Île-de-France, il est possible d’en visiter plusieurs, dont celle de Champigny-sur-Marne. L’opportunité de (re)découvrir les richesses de ces quartiers dont l’urbanisme reste d’actualité aujourd’hui encore.

Retrouvez l’intégralité de l’article, ainsi que l’ensemble du dossier Territoire consacré à Champigny-sur-Marne, dans le 33ème numéro d’Objectif Grand Paris.

Crédit photo : Didier Rullier.