Velizy-Villacoublay: Inovel Parc lutte contre l’obsolescence

Velizy-Villacoublay: Inovel Parc lutte contre l’obsolescence

En quelques décennies, le parc d’activités de Vélizy-Villacoublay est passé d’une spécialisation en aéronautique à un secteur regroupant des entrepris

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En quelques décennies, le parc d’activités de Vélizy-Villacoublay est passé d’une spécialisation en aéronautique à un secteur regroupant des entreprises variées dans le domaine des hautes technologies. Si le nombre d’implantations augmente, le parc d’activités se doit aussi d’être en phase avec les évolutions des modes de travail. Retour sur les grands chantiers d’Inovel Parc.

Eiffage, Thales, Dassault Systèmes… À eux seuls, ces géants de la construction, de l’informatique et du numérique rassemblent presque 10 000 salariés au sein d’Inovel Parc. Ce parc d’activités, qui s’étend au sud et à l’est de Vélizy-Villacoublay, est bordé par les autoroutes A86 et N118. Au total, il réunit 50 000 salariés et plus de 1 000 entreprises. Un point fort que la ville ne manque pas de mettre en avant. « Inovel Parc accueille environ 5 % de la recherche française. C’est également le premier pôle de recherche et développement en Île-de-France », déclare Nathalie Brar-Chauveau, adjointe au maire chargée du développement économique, de l’emploi, de l’insertion et des déplacements. Sur presque 300 hectares, des immeubles tertiaires se succèdent à perte de vue. Pourtant, il y a 50 ans, lors du découpage de la ville en secteurs monofonctionnels, rien ne laissait présager que ces terrains, autrefois dédiés à l’aviation, deviendraient un pôle de spécialisation majeur en matière de hautes technologies.

Place aux campus multi-services

Au début XIXe siècle, sur ce même secteur, on s’évertuait à réaliser et à faire voler des montgolfières. Un peu plus tard, des usines d’appareillage d’avion s’implantaient ça et là, tout comme les écoles d’aéronautique qui ont saisi l’opportunité de s’installer près des entreprises. Au début du XXe siècle, cette fois, c’est l’armée française qui s’intéressait à l’aviation et implantait sa base militaire. Aujourd’hui encore, l’aéroport de Vélizy-Villacoublay organise le transport de personnalités politiques.

Si l’histoire de ce vaste parc d’activités s’est enrichie au travers des décennies, le monde du tertiaire aussi a évolué. L’architecture des immeubles de bureaux, plus esthétique, doit renvoyer une certaine image de marque. Les bâtiments doivent également respecter les dernières réglementations en vigueur en matière d’économies d’énergie. Enfin, les espaces de travail se décloisonnent au profit des plateaux de co-working. Le parc d’activités n’échappe pas à la règle et se doit d’innover pour continuer à attirer les grandes entreprises. D’où sa nouvelle appellation. En 2011, « Vélizy zone d’emplois Louis Bréguet » est devenu Inovel Parc. Et son renouveau ne s’est pas arrêté là.

Comme beaucoup d’autres parcs d’activités, Inovel Parc mise sur les campus. Depuis quelques années, les grandes entreprises abandonnent leurs immeubles à l’allure austère, implantés côte à côte par pur pragmatisme. À la place, elles construisent des micro-cités. Ainsi, entre de vastes espaces verts s’implantent également des restaurants inter-entreprises, des boutiques et des services comme des crèches ou des salles de sport. Ces sociétés misent aussi davantage sur la dimension chaleureuse et collaborative au travail, un pari qui semble s’avérer gagnant. « Depuis 2 ans, nous observons une augmentation du nombre d’implantations due à la rénovation des îlots au sein d’Inovel Parc », explique Nathalie Brar-Chauveau. Parmi les terrains en chantier, celui de l’ancien site de la société Alcatel. Près de 60 000 mètres carrés seront revisités en format campus d’ici fin 2016.

Plus d’espaces verts et de mobilité douce

Et les transformations devraient se poursuivre. Exit le parc d’activités, c’est en quartier d’affaires que a municipalité espère le faire muter. Depuis quelques mois, la ville participe à la mise en place du label « quartier d’affaires durable ». En partenariat avec l’AFNOR, l’association française de normalisation, Inovel Parc et certaines de ses entreprises vont contribuer à la définition de critères en matière de développement durable puis les expérimenter. Cette démarche, réalisée en binôme avec des organismes homologues originaires de Pékin, sera peut-être l’occasion pour Vélizy-Villacoublay de se faire connaître à l’international et, pourquoi pas, de tirer son épingle du jeu à la veille de la création de la Métropole. Mais comment se concrétisera, sur le terrain, ce label « quartier d’affaires durable » ? Il s’agira de parvenir à allier performance économique et qualité de l’environnement de travail sur l’ensemble du secteur. L’occasion pour la ville de faire entrer plus de nature au sein d’Inovel Parc. Ces espaces verts se situeraient ainsi dans la continuité de la forêt de Meudon, qui occupe un tiers de la ville, et se poursuivraient sous forme de coulée verte sur le reste du territoire.

Les critères du « quartier d’affaires durable » pourraient aussi jouer sur la mobilité. La ville souhaite inciter les salariés à utiliser les modes doux. Le tramway T6 relie déjà, depuis fin 2014, Vélizy-Villacoublay à la porte de Châtillon. D’autres modes de transport devraient venir s’ajouter au réseau existant comme des stations d’Autolib’. Connues pour rouler à l’électricité, ces voitures favorisent également le partage de véhicules, générant ainsi moins de trafic sur les routes et donc moins d’embouteillages. De plus, un réseau de pistes cyclables devrait également irriguer l’ensemble d’Inovel Parc.

Déjà, certaines initiatives ont été mises en place pour encourager les échanges entre le parc d’activités et les quartiers résidentiels limitrophes. Cette préoccupation n’était pas du tout entrée en ligne de compte dans les années 1970. À l’époque, la séparation des fonctions en tiers plus ou moins égaux démontrait de façon explicite que les interactions n’avaient pas lieu d’être. Aujourd’hui, les façons de faire la ville ont évolué. Et Inovel Parc espère bien se réinventer de ce côté-là aussi. À cet effet, la ville a conçu le nouveau quartier Jean Monnet dont le but est de créer du lien entre le secteur résidentiel et le secteur dédié à l’activité. Il prend place, depuis quelques mois, sur les anciens terrains de l’entreprise de fabrication de pianos Hanlet et accueille des logements, des commerces et des restaurants. « Avant, la vie sur Inovel Parc s’arrêtait à 18 heures en semaine. Le week-end, tout le secteur restait silencieux. Depuis le printemps 2015, les restaurants sont ouverts midi, soir et week-end, ramenant une dynamique aux portes du quartier d’affaires », conclut Nathalie Brar-Chauveau. Pour faire participer les salariés à la vie de la cité, la municipalité mise également sur ses équipements sportifs et culturels.

Du chemin a donc été parcouru depuis les débuts de l’aviation. Inovel Parc tente de rester dans l’air du temps. Le parc d’activités n’a de toute façon pas le choix, à quelques kilomètres de Paris Saclay et de ses chantiers titanesques, pour attirer les grandes entreprises dans le cadre du Grand Paris.

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