Tourisme : les étrangers désertent le Grand Paris

Tourisme : les étrangers désertent le Grand Paris

Le secteur touristique est plus impacté par la crise sanitaire en Île-de-France que partout ailleurs dans le pays. En cause ? La dépendance de la régi

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Le secteur touristique est plus impacté par la crise sanitaire en Île-de-France que partout ailleurs dans le pays. En cause ? La dépendance de la région à une clientèle internationale. La solution ? Miser sur une clientèle francilienne et française pour sauver les meubles, ou continuer d’être indemnisé.

A la mi-juin, début de la saison touristique, les inquiétudes sont nombreuses chez les professionnels du tourisme. Et il y a de quoi. Protourisme, un cabinet d’études et de conseils spécialisé dans le secteur, estime à environ 40 milliards d’euros la perte de chiffre d’affaires de l’ensemble du secteur touristique français depuis le début du confinement, et à plus de 150 000 le nombre d’emplois directs perdus.

Mais si l’ensemble du pays a été impacté, c’est évidemment la région capitale qui est la plus touchée. Un énième coup dur après les attentats de 2015 et après l’épisode gilets jaunes…

Les étrangers vont manquer

Selon Didier Arino, directeur général de Protourisme, « l’Île-de-France est la plus touchée parce qu’elle est la région la plus dépendante de la clientèle étrangère, européenne mais aussi lointaine (chinoise, américaine…) ». Les restaurants, hôtels ou encore musées franciliens –et surtout parisiens-, dont les visiteurs sont essentiellement étrangers, vont devoir compter sur les Franciliens et les Français cet été. « Les opérateurs dépendants du long-courrier, eux, vont sûrement devoir tirer un trait sur la saison 2020, la situation va être catastrophique jusqu’en septembre », affirme Didier Arino. Selon lui, c’est le secteur du luxe qui souffrira le plus.

De l’espoir ?

Pour l’heure, les restaurants et les bars franciliens ont pu rouvrir. Les monuments, musées et châteaux leur emboîtent le pas : l’Arc de Triomphe, le Panthéon et le Château de Vincennes sont ouverts depuis hier, la Tour Eiffel devrait l’être le 25 juin et le Louvre le 6 juillet. Par ailleurs, l’ouverture des frontières intra-européennes –même si elle se fait à plusieurs vitesses-, laisse elle aussi espérer une reprise d’activité. « On ne peut pas savoir. Il y a une semaine, les Européens annulaient en masse. Depuis la fin de la semaine dernière, il y a un regain des réservations. Je pense qu’il y aura une reprise au cours de l’été, mais en réalité, c’est l’évolution de l’épidémie qui décidera », explique Didier Arino.

« Limiter les dégâts »

« En attendant, il faut limiter les dégâts pour ceux qui le peuvent et compter sur le soutien de l’Etat et de la Région pour les autres », poursuit-il. Côté gouvernement, 18 milliards d’euros ont été mis sur la table pour soutenir le secteur. De plus, la durée maximale de remboursement du prêt garanti par l’Etat de la Banque Publique d’Investissement (BPI) a été fixé à 10 ans pour les professionnels du tourisme au lieu de 5 pour les autres secteurs d’activité ». Mais pour Didier Arino, « il faut surtout que les aides liées au chômage partiel perdurent jusqu’à la fin de l’année ». Côté Région, « le Comité régional du tourisme d’Île-de-France travaille actuellement avec Atout France et l’Office du tourisme et des congrès de Paris à l’élaboration d’un plan de relance». Il pourrait notamment passer par une campagne de communication massive, comme cela a été fait dans d’autres régions comme la Bretagne et les Pays de la Loire.

 

© Michelle Ziling Ou