Territoires, libérez… vos données !

Territoires, libérez… vos données !

La loi incite de plus en plus les communes à mettre à disposition de leurs administrés les données publiques qu’elles possèdent. La plateforme www.ope

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La loi incite de plus en plus les communes à mettre à disposition de leurs administrés les données publiques qu’elles possèdent. La plateforme www.opendataterritoires.fr leur propose d’héberger leurs données et de produire des cartes et des graphiques à partir de ces chiffres pour en faciliter la lecture.

Menus des cantines, jour de ramassage des encombrants, horaires d’ouverture des services… Toutes ces informations, autrefois affichées sur les portes des lieux publics, sont désormais disponibles sur le site internet des mairies. Et s’il était possible, en un clic, de visualiser le nombre de steaks-frites servis à la cantine durant six mois ? Ou encore de comparer l’évolution des prénoms des nouveaux-nés dans une commune sur une année ?

Cette diversité accrue de l’information est désormais accessible grâce à www.opendataterritoires.fr. Cette plateforme, lancée en juin 2016 par l’entreprise OpenDataSoft, surfe sur la vague de réformes insufflée par la loi sur la Nouvelle Organisation Territoriale de la République (NOTRe) et, plus récemment, par la loi Lemaire qui souhaite « faire de la France une République numérique ». Dans ce cadre, toutes les collectivités de plus de 3 500 habitants ont l’obligation de mettre gratuitement à disposition de leurs administrés les données publiques qu’elles détiennent. Et pour les aider dans cette tâche 3.0 qui fait la guerre au papier, www.opendataterritoires.fr est là : « Notre solution se veut être un levier d’amélioration du service public. Chacun peut consulter les informations dont il a besoin sans avoir à passer par les services municipaux », affirme Jean-Marc Lazard, fondateur d’OpenDataSoft.

Simplicité d’utilisation et petits prix

Plus qu’une simple plateforme numérique personnalisable aux couleurs de la collectivité, www.opendataterritoires.fr met à disposition des internautes des cartes et des diagrammes. Ainsi, plus besoin de se battre avec une accumulation de chiffres, les représentations graphiques permettant de se faire rapidement une idée des évolutions sur le thème choisi. Autre point fort : les données, facilement appropriables et réutilisables (comme imposé dans la loi), sont téléchargeables gratuitement ; une aubaine pour les entreprises qui peuvent directement les intégrer à leur système et ainsi développer de nouveaux services.

Conscient de l’absence de service informatique dans nombre de mairies (ou du personnel parfois non formé au numérique), Jean-Marc Lazard a misé sur la simplicité d’utilisation de sa plateforme en proposant aux agents de simplement collecter les données et de les charger dans un fichier Excel. La plateforme s’occupe du reste. Conscient également des moyens limités des petites et moyennes communes, le fondateur d’OpenDataSoft se fait fort de proposer des tarifs accessibles. En moyenne, les collectivités de moins de 20 000 habitants devront payer 200 euros par mois pour une solution complète (plateforme, formation des agents, cartes et graphiques interactifs, liens de téléchargement, etc.).

De nombreuses données non utilisées

À ce jour, une vingtaine d’agglomérations (sur un potentiel de 5 000 collectivités) ont signé, à l’instar des villes de Toulouse, Agen et des collectivités comme le département des Hauts-de-Seine et la région Île-de-France. Les délégataires de service public ne sont pas non plus en reste, à l’image de la RATP. En attendant la collecte et la saisie des données dans les communes, ce sont les chiffres de l’Insee qui font vivre les plateformes déjà en ligne. Des chiffres qui devraient rapidement être rejoints par d’autres data : « Quand les communes se mettent à faire leur inventaire, elles sont très surprises du nombre et de la variété de données qui dorment dans la mémoire des ordinateurs ! Elles prennent conscience aujourd’hui qu’un pays qui libère ses données fait venir les investisseurs », conclut Jean-Marc Lazard.

Crédit photo : Ville d’Issy-les-Moulineaux.

 

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