Rio de Janeiro : le développement durable mis en difficulté par la crise

Rio de Janeiro : le développement durable mis en difficulté par la crise

La ville continue à affirmer ses ambitions au sein du C40

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Eduardo Paes, ex-maire de Rio et ancien président du C40, avait pris beaucoup d’engagements en faveur du développement durable dans une ville congestionnée et polluée. L’amélioration a été notable dans le domaine des transports publics. La ville continue à affirmer ses ambitions au sein du C40.

De loin, on ne voit que du vert et du bleu. C’est Rio, son sommet du Corcovado, sa montagne couronnée de forêts, ses plages, sa baie éblouissante. Vu de plus près, le décor perd de sa superbe.

En fait, entre les flots de voitures et la poussière des chantiers, sous un soleil brûlant presque toute l’année, Rio étouffe. Ce qui prend à la gorge la belle Carioca ? Des maux classiques, nés d’une croissance urbaine galopante, aggravés par « la mauvaise gestion constante », selon nombre d’observateurs, et par la récente crise économique, aussi brutale que profonde.

Le climat, propice aux pics de chaleur et aux intempéries, ne facilite pas la dispersion des polluants. Les poussières et autres particules étouffantes, dans une ville où l’on a privilégié récemment les gros chantiers d’infrastructure, stagnent. Et ce n’est pas dans l’eau que les citadins trouveront l’oxygène qui leur manque : dans la célèbre baie, les égouts qui se déversent, presque sans traitement, ont fortement dégradé la qualité des eaux.

Sur les pentes souvent désolées des moros, ces collines de terre qui donnent à la ville sa physionomie si particulière, l’habitat plus ou moins précaire s’est accroché sans que les services publics, de la collecte des déchets au tout-à-l’égout, suivent le mouvement. Entre des quartiers parfois très éloignés, les transports publics sont restés embryonnaires et les Cariocas peuvent passer de quatre à cinq heures par jour dans les bus bondés pour aller à leur travail et en revenir.

Au total, le développement urbain est pour l’instant bien plus conforme aux normes du XXe siècle, avec sa priorité donnée au transport individuel, qu’aux aspirations du XXIe. Ce n’est pas faute d’avoir, de longue date, diagnostiqué les problèmes. Eduardo Paes, maire de Rio jusqu’en 2016 et président du C40 pendant trois ans – 2013/2016 – , avait affiché un fort volontarisme en matière de développement durable. « C’est la métropole entière qui doit retrouver un équilibre », expliquait en fin 2012 Carlo Alberto Vieira Muniz, alors maire adjoint chargé de l’environnement. « Cela commence par la lutte contre la pollution qui atteint indifféremment tous les quartiers et provient essentiellement d’un traitement inapproprié des déchets et des transports. L’objectif que nous nous sommes fixé est simple : nous avons obtenu en 2012 une baisse de 8 % des émissions de gaz à effet de serre, par rapport à ce que nous avions en 2008. Nous voulons passer à moins 20 % en 2020. »

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