Présidentielle : la MGP très décriée

Présidentielle : la MGP très décriée

Réunis par l’Association des maires d’Ile-de-France (AMIF) à la fin du mois de mars, les représentants de plusieurs candidats à l’élection présidentie

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Réunis par l’Association des maires d’Ile-de-France (AMIF) à la fin du mois de mars, les représentants de plusieurs candidats à l’élection présidentielle ont fait connaître la position de leurs champions respectifs face aux évolutions territoriales et à la métropole du Grand Paris. Seuls les représentants de Benoît Hamon et d’Emmanuel Macron n’ont pas plaidé pour sa suppression !

C’était l’occasion ou jamais pour le Salon de l’association des maires de France : la manifestation, qui avait lieu cette année en pleine campagne pour l’élection présidentielle, a profité de l’affluence des élus et de leurs partenaires à la porte de la Villette à la fin du mois de mars pour réunir les représentants des candidats à l’élection suprême. Objectif de l’association présidée par Stéphane Beaudet, maire de Courcouronnes : demander aux représentants de –presque- tous les candidats leur avis sur les évolutions territoriales en général et sur la Métropole du Grand Paris en particulier.

L’exercice n’aura sans doute guère réjoui Patrick Ollier, président de la MGP, qui s’était installé au premier rang dans la salle face aux représentants des candidats… Et pour cause : c’est peu dire que ces derniers, si l’on en croit leurs porte-paroles, ne sont pas convaincus par la création et le fonctionnement de la MGP. Certains ne croient même pas, d’ailleurs, au bien-fondé de l’existence même d’une métropole !

Le Pen, Dupont-Aignan, Mélenchon contre la Métropole

Le plus catégorique aura sans doute été Wallerand de Saint-Just, représentant de Marine Le Pen : « La métropole du Grand Paris souffre d’un déficit démocratique car elle rompt avec la commune, le département et l’Etat », a expliqué en substance le conseiller régional d’Ile-de-France qui souhaite avant tout une « clarification institutionnelle ». Pour le parti d’extrême-droite, même le Grand Paris Express, pourtant généralement très consensuel, serait à …supprimer avant tout démarrage ! Inutile, coûteux, illustrant une dérive plus qu’une ambition, il n’aurait guère d’intérêt pour améliorer des transports franciliens qui, pourtant, a reconnu le conseiller régional, doivent l’être…

Le représentant de Nicolas Dupont-Aignan n’est guère plus favorable aux évolutions institutionnelles récentes ; les métropoles ne seraient rien d’autre que des structures entraînant une « perte de souveraineté », et portant tort, en outre, aux autres villes plus petites. Rien de bien surprenant pour qui se souvient d’un discours déjà ancien de Nicolas Dupont-Aignan qui, dès 2015, fustigeait «la Métropole du Grand Paris, innovation socialiste, avec ses 300 élus de plus qui se superposent à tous les autres »…

Le représentant de Jean-Luc Mélenchon est à peine plus positif face à une évolution institutionnelle qui n’a nullement, explique-t-il, mis fin aux inégalités territoriales. Pour lui, la sixième République à venir supprimera les lois Notre et Maptam et, par voie de conséquence, annulera une métropole accusée de créer des « territoires de relégation ».

Du côté du représentant de François Fillon, la prudence a été manifeste. Loin de s’aligner sur les positions maintes fois énoncées par la présidente de la Région Ile-de-France, Valérie Pécresse, Hugues Portelli, sénateur-maire d’Ermont, s’est simplement prononcé pour une « pause législative ». Il a pourtant plaidé pour de vigoureuses fusions de communes, considérant que les plus petites d’entre elles n’étaient plus aujourd’hui viables. Le candidat à la primaire de droite s’était pourtant prononcé purement et simplement pour la suppression de la MGP, il y a quelques mois, dans les colonnes de la Gazette des Communes…

Macron, Hamon favorables à des évolutions

Seuls au bout du compte Emmanuel Macron et Benoît Hamon ont défendu la métropole du Grand Paris, par la voix de leurs représentants, avec un certain enthousiasme.

Le maire de Fresnes, Jean-Jacques Bridey, représentant d’Emmanuel Macron, a insisté sur une métropole qui, plus qu’une simple réalité institutionnelle, devait être un lieu de projets. Il a également rappelé la légitimité intrinsèque d’un regroupement qui est avant tout une intercommunalité, et donc un ensemble de communes. Quoi qu’il en soit, le maire de Fresnes a insisté sur la nécessité de réunir une grande conférence des territoires qui permettrait de réfléchir aux répartitions à venir des compétences et à la gestion territoriale.

Stéphane Troussel, président de Seine-Saint-Denis et représentant de Benoît Hamon, a plutôt pour sa part plaidé pour la stabilité institutionnelle, insistant sur l’intérêt pour les Franciliens des projets conduits sous l’égide du Grand Paris, qu’il s’agisse de transport ou de logement. Sans doute pensait-il aux Jeux Olympiques 2024 qu’il espère bien voir se dérouler pour bonne partie sur le territoire de la Seine-Saint-Denis…

Ci-dessus, les représentants de François Fillon, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron. Crédit photo : AMIF.

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