POLD fait ses premiers pas

POLD fait ses premiers pas

Les Établissements publics territoriaux issus de la nouvelle organisation métropolitaine font leurs tout premiers pas. Souvent difficilement. POLD, Pa

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Les Établissements publics territoriaux issus de la nouvelle organisation métropolitaine font leurs tout premiers pas. Souvent difficilement. POLD, Paris Ouest La Défense, ex T4, fait partie de ces nouveaux-nés territoriaux…

Comment donner vie, identité et ambitions à une institution toute neuve mais qui se construit sur un espace et des structures déjà existants, quand on n’en a choisi ni le périmètre, ni les moyens d’action, ni les objectifs ? Une gageure, pour le moins, voire un cauchemar de fonctionnaire territorial… C’est pourtant bien ce que vivent, dans la douleur et les grincements de dents, les communes qui mettent en place les nouveaux EPT, ces Établissements publics territoriaux qui planent aujourd’hui quelque part au-dessus des communes, entre Métropole et Région.

Prenons le T4, né du mariage de trois anciennes agglomérations et de trois communes anciennement isolées. Le nouvel attelage compte 570 000 habitants – qui, peut-être, ne connaissent même pas encore l’existence de ce POLD qui préside désormais à leur destin… – et un très fort potentiel fiscal et économique. Fait-on avec cela une identité commune et une ambition partagée ?

Première étape pour exister : avoir un nom. De préférence clair, distinct, compréhensible. « Vous croyez que c’est un nom, T4 ? », grommelle un fonctionnaire territorial qui officie sur le nouvel espace. « Il fallait trouver quelque chose de plus fédérateur. » C’est chose faite avec POLD, entendez Paris Ouest La Défense, un petit nom qui a finalement recueilli une quasi-unanimité après, tout de même, un premier lot de tergiversations et accrochages divers.

Explications : on y retrouve Paris, une référence indispensable pour qui veut se projeter à l’international. Ouest, car on est indiscutablement à l’ouest de la Capitale, et ce n’est pas anodin en termes d’histoire et d’identité. Enfin La Défense car comment faire autrement ? Ce sera donc POLD, à chacun de s’y faire… Un logo a suivi, qui reprend, en les stylisant, boucle de la Seine et entrelacs de communes.

Une organisation polycentrique. Et économe…

 Une fois POLD baptisé et dessiné, il lui faut apprendre à marcher. Il le fera peu à peu : plutôt que de se doter d’une administration propre d’entrée de jeu, le nouveau territoire se construira « autour d’une organisation polycentrique », en se dotant d’équipes ad hoc au fur et à mesure que la nécessité s’en fera sentir, en fonction des dossiers traités. Des recrutements spécifiques ? Le moins possible. C’est à la fois plus pragmatique et plus économique.

C’est que POLD, bien que situé dans cet ouest parisien traditionnellement nanti, n’est pas aussi riche qu’on le croit : les communes réunies doivent perdre avec ce mariage, au titre des péréquations diverses, quelque 150 millions d’euros (voir entretien avec le président de POLD). Voici donc un nouveau territoire qui doit se mettre en place très rapidement, sur un périmètre imposé, avec des moyens en baisse… cherchez l’erreur !

Reste, quoi qu’il en soit, à se mettre au travail : après qu’un exécutif qui compte onze maires s’est créé, des référents-POLD ont été désignés dans chaque commune. Des commissions s’organisent, de même que des groupes de travail sur chacune des compétences prévues. La première priorité est aussi simple qu’essentielle : il s’agit avant tout d’équilibrer les budgets et de s’assurer que les marchés qui étaient gérés par les textes antérieurs continuent de l’être. À moyen terme, d’ici 2018, un plan local d’urbanisme intercommunal devra se mettre en place. Mais, en attendant, les engagements pris doivent être tenus…

Autre objectif à plus long terme pour le nouvel établissement public : maintenir ses deux points forts, le charme résidentiel et l’attractivité économique. D’un côté, il s’agit de préserver pour les habitants ce qu’ils sont venus chercher ici, la qualité de vie au quotidien, de l’autre, de s’adresser aux investisseurs et chefs d’entreprise qui, plutôt que le reste du monde, doivent choisir ce petit coin de terre pour y apporter leurs capitaux et leurs savoir-faire.

À cela, les élus tiennent à juste titre plus qu’à la prunelle de leurs yeux. Et pour y parvenir, ils avaient l’habitude que l’on ne se mêle pas de leurs affaires ! Il faudra bien que cela change et que les villes travaillent ensemble pour faire valoir leurs intérêts communs face à la Métropole. Tout un apprentissage…

Ci-dessus La Défense, ressource économique majeure et vecteur d’attractivité internationale de POLD. Crédits : 11h45 pour Defacto.

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