Quand le numérique remet l’aménagement en question

Quand le numérique remet l’aménagement en question

« Recomposer l’aménagement de la Métropole », c’était le thème de la conférence organisée par la Mission Grand Paris du groupe EDF, le 1er juin 2016.

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« Recomposer l’aménagement de la Métropole », c’était le thème de la conférence organisée par la Mission Grand Paris du groupe EDF, le 1er juin 2016. L’occasion pour une dizaine d’intervenants du monde de l’aménagement d’échanger sur les enjeux de l’intégration du numérique dans les chantiers du Grand Paris.

200 kilomètres. C’est la longueur de fibre optique qui sera installée par la Société du Grand Paris sous les rails des nouveaux métros. D’ici 2022, année de mise en service de la ligne 15 sud, il sera possible, pour les usagers, de capter la 4G via leur smartphone à parfois 60 mètres de profondeur. Pour valoriser les espaces vides laissés au sein des galeries souterraines, des data centers prendront également place dans les gares. L’objectif : stocker un maximum de données. Mais pas seulement : « La chaleur issue des data centers pourrait alimenter des serres implantées dans les hôpitaux ou dans les écoles afin que patients et écoliers puissent davantage profiter de l’agriculture urbaine. Mais avant, nous proposerons aux villes de participer à la conception de ces data centers afin de faciliter leur insertion dans le paysage », explique Gaëlle Pinson, chef de projet data center et projet numérique à la Société du Grand Paris.

Des infrastructures moins encombrantes ?

Grâce à ces données, les futurs exploitants du Grand Paris Express pourront proposer divers services répondant aux besoins des usagers. Mais ces services pourraient-ils, à terme, conduire à une diminution du nombre d’infrastructures souterraines ? « Le numérique offre de nouvelles opportunités. Aujourd’hui, les immeubles produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment, certains échangent même entre eux de l’air chaud et froid, d’autres encore sont équipés pour aider les usagers à limiter leur consommation d’eau et d’électricité. Toutes ces technologies pourraient conduire à un juste dimensionnement des infrastructures souterraines pour aider les aménageurs à être en adéquation avec les impératifs financiers et écologiques imposés », indique Nicolas Rougé, fondateur de l’agence de conseil aux collectivités Une autre ville.

Réseaux d’art et de culture

Le Grand Paris décloisonne les métiers et pousse les professionnels au dialogue, les obligeant parfois à se doter de nouvelles compétences. C’est notamment le cas pour la Séquano Aménagement qui s’inscrit de plus en plus dans la valorisation du territoire par l’art et la culture. « Sur le secteur de la plaine de l’Ourcq, qui s’étend entre Pantin et Bondy, Séquano Aménagement accueille des occupations  éphémères sur des terrains qui attendent leur mutation. On y trouve des activités d’apiculture urbaine réunissant des associations du territoire et des établissements scolaires. Sont également implantés des ateliers de réemploi de matériaux réintroduits dans du mobilier urbain. Tout l’enjeu est d’aider les habitants à se réapproprier des espaces délaissés », conclut Astrid Poulain, directrice de projets chez Séquano Aménagement. Une idée comme une autre pour faire patienter les usagers, à l’image de la Société du Grand Paris qui lance divers événements festifs sur les chantiers de gare… Le temps de l’aménagement étant parfois bien long.

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