Ne pas oublier les « postes avancés » de la ville !

Ne pas oublier les « postes avancés » de la ville !

« Il faut réintégrer dans la République les 1 500 quartiers de la politique de la ville et 4,8 millions d’habitants dont la moitié vit en dessous du s

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« Il faut réintégrer dans la République les 1 500 quartiers de la politique de la ville et 4,8 millions d’habitants dont la moitié vit en dessous du seuil de pauvreté », affirme Catherine Arenou. L’association Ville & Banlieue somme les candidats à la présidentielle de se mobiliser.  

Catherine Arenou, vice-présidente de l’association d’élus Ville & Banlieue, n’est pas femme à se décourager. Elle qui se dit, dans un éclat de rire, « monomaniaque » sur le sujet, n’en finit pas de porter dans tous les cercles les problèmes des quartiers populaires. Les présidentielles sont évidemment une occasion à ne pas rater et la maire de Chanteloup-les-Vignes n’a pas manqué de contribuer aux 31 propositions que l’association Ville & Banlieue adresse aux prétendants à l’élection présidentielle. L’interpellation est vigoureuse : « Quelle place, quels projets et quelles propositions avez-vous à faire pour les villes de banlieue et les quartiers populaires en risque de rupture sociale ? », interroge l’association.

Parmi les sujets les plus importants que les candidats à la présidentielle devraient saisir à bras-le-corps, la question du peuplement du logement social, qui est aussi celle de la mixité. « Il faut arrêter de renforcer les ghettos que l’on a fabriqués et que l’on n’a jamais cessé jusqu’à présent de conforter ! », s’exclame Catherine Arenou.

Autre sujet majeur qui ne reçoit pas pour l’instant de réponse satisfaisante dans les cités dites difficiles, l’éducation. « Il y faut, assure-t-elle, une approche éducative spécifique : on n’enseigne pas de la même façon aux enfants de primo-arrivants et à ceux des beaux quartiers de Paris. » D’autant que, dans ce registre, « les parents ne sont pas du tout démobilisés, comme on croit trop souvent, ajoute-t-elle, mais seulement démunis ».

Une nécessité qui d’ailleurs, explique la maire, ne peut être prise en charge par la seule Éducation nationale : « C’est tout le territoire qui porte la réussite éducative, avec l’implication des élus, des associations, des parents. Bien des solutions originales existent déjà sur le terrain, encore faut-il les prendre en compte et s’en inspirer ! »

Autre exigence mise en exergue par la maire de Chanteloup-les-Vignes, « la rénovation urbaine, qui attend toujours une nouvelle programmation. On va d’étude en étude, mais rien de concret n’en sort », accuse l’élue.

Ville & Banlieue sera-t-elle cette fois plus entendue qu’elle ne l’a été par le passé ? Catherine Arenou reste sceptique : « Les sujets dont nous sommes porteurs gênent. Les candidats préfèrent les passer sous silence, ils jugent cela trop compliqué, trop transversal, politiquement risqué. Mais si ce n’est pas un sujet pour les primaires, cela le sera peut-être un peu plus tard, quand la campagne sera vraiment engagée. »

Or, ajoute-t-elle, « les candidats auraient bien tort de croire que l’on peut oublier les quartiers de banlieue et les laisser à leur enclavement : nous sommes des postes avancés de la ville et les difficultés que nous vivons attendent l’ensemble du territoire si l’on n’y prend garde ! »

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