« Nature 2050 » : un fort engagement en Île-de-France

« Nature 2050 » : un fort engagement en Île-de-France

Entretien avec Antoine Cadi. Le directeur Recherche et innovations de CDC Biodiversité revient sur le programme national "Nature 2050" et explique son

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Entretien avec Antoine Cadi. Le directeur Recherche et innovations de CDC Biodiversité revient sur le programme national « Nature 2050 » et explique son partenariat avec la Métropole du Grand Paris.

Propos recueillis par Mélicia Poitiers

Quel est l’objectif du programme « Nature 2050 » ?

L’idée de ce programme réside dans un constat très simple. En 2016, les différents gouvernements se sont mis d’accord pour freiner le réchauffement climatique mais ils n’ont pas mis la barre assez haute. Par conséquent, CDC Biodiversité a décidé de créer le programme « Nature 2050 » qui ambitionne d’améliorer le cadre de vie sur le territoire national en misant sur la biodiversité, particulièrement dans les zones urbaines denses. Dans le contexte actuel de densification, il est erroné de s’imaginer que les nouvelles technologies suffisent à améliorer la vie en ville. Pour preuve, seule la nature a su résoudre les problèmes liés aux îlots de chaleur : c’est en créant des espaces verts que l’on est parvenu à rafraîchir certains sites.

Quels territoires participent à ce programme national ?

Nous avons pu constater un fort engagement en Île-de-France, dans les métropoles d’Aix-Marseille et de Saint-Etienne ainsi que dans la région Occitanie. Ces territoires ont une conscience de plus en plus aigue de leur responsabilité environnementale et de la nécessité de participer à ce genre de programmes pour sensibiliser la société civile.

Pourquoi avoir scellé un partenariat avec la Métropole du Grand Paris (MGP) ?

C’est la MGP qui nous a sollicités. Je pense que le Grand Paris plus que les autres Métropoles est conscient de l’impact du changement climatique, de la nécessité de restaurer les espaces verts et de l’importance de mobiliser d’autres acteurs. Daniel Breuiller, vice-président en charge des sujets environnementaux au sein de la MGP, sait que la qualité de vie passe par la préservation et la restauration de la biodiversité. Une lucidité qui, à mon avis, manque encore à de nombreux élus.

Quel est votre rôle dans l’accompagnement des projets ?

CDC Biodiversité gère le fonds « Nature 2050 » alimenté par des entreprises. En outre, nous accompagnons les projets de leur création à leur mise en œuvre, et sommes capables, grâce à un certain nombre d’indicateurs, de mesurer en aval leur efficacité.

À ce jour, quel projet francilien a le plus attiré votre attention ?

L’un des plus notables est celui de la friche Kodak à Sevran. Dès 2016, la mairie a souhaité que ce site de douze hectares, qui regroupe plus de 800 000 personnes, devienne l’un des projets de « Nature 2050 ». Les terrains ont longtemps été pollués par les activités de Kodak. L’objectif est de faire revivre ce site d’un point de vue écologique, mais aussi social afin que les habitants bénéficient d’une meilleure qualité de vie. C’est ce type de projets que le jury sélectionnera dans le cadre du concours « Nature 2050 – Métropole du Grand Paris » : ceux qui ont une véritable ambition écologique et de réelles retombées positives pour les habitants.

Ci-dessus la friche Kodak de Sevran

Crédit photo : DR 

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