Montereau-Fault-Yonne, nouvelle porte d’entrée Sud de l’Ile-de-France ?

Montereau-Fault-Yonne, nouvelle porte d’entrée Sud de l’Ile-de-France ?

La désindustrialisation des années 1980 a plongé Montereau-Fault-Yonne dans une crise économique et sociale importante. Aujourd’hui, la ville entr

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La désindustrialisation des années 1980 a plongé Montereau-Fault-Yonne dans une crise économique et sociale importante. Aujourd’hui, la ville entre dans une ère nouvelle : la municipalité mise sur les transports, l’emploi et la culture pour gagner en attractivité auprès des entreprises autant que des populations.

Devenir la porte d’entrée Sud de l’Île-de-France. C’est l’ambition de la commune de Montereau-Fault-Yonne. Une aspiration logique pour cette ville moyenne de 21 000 habitants située au carrefour de la Bourgogne, la Champagne et l’Île-de-France. Pour cela, il lui faut cependant rompre avec la désindustrialisation et le chômage qui ont marqué les années 80.

Parmi les atouts récents, il faut citer, pour la commune située au terminus de la ligne R du Transilien, une amélioration de la desserte ferroviaire. « Nous avons réussi à convaincre la SNCF, Ile-de-France Mobilités et la Région d’enclencher une mutation de nos transports. Tous nos trains ont ainsi été changés en cinq ans, la gare a été rénovée et le nombre des places de son parking doublé », explique James Chéron, maire de la ville depuis 2017.

Le Majestic, un équipement culturel pour « rayonner »

Ces progrès en matière d’accessibilité n’ont pas laissé les entreprises indifférentes. Bien avant la crise sanitaire, Hermès a fait le choix d’implanter une usine qui emploie 250 personnes. Encouragée par cette dynamique, la Ville a passé des accords de partenariat avec d’autres entreprises afin de les aider à trouver de la main-d’œuvre. « Nous avons un tissu industriel local important. Silec Câble, par exemple, totalise 1 000 emplois et a du mal à recruter, alors que la ville compte de nombreux jeunes chômeurs », déplore le maire. L’élu travaille actuellement à la création d’un « campus des métiers de l’industrie et des énergies  décarbonées » afin de booster l’employabilité des jeunes Monterelais. Selon le maire, ils sont peu nombreux à accéder aux études supérieures, du fait de la fragilité sociale de la population et de l’éloignement des universités franciliennes.

« Ce type d’équipement n’existe nulle part ailleurs dans le sud de l’Île-de-France. C’est en rayonnant que nous développerons la commune et permettrons à la population de s’élever. » – James Chéron, maire de Montereau-Fault-Yonne

Toujours pour affirmer sa position de « porte d’entrée de l’Île-de- France », la Ville mise sur l’ouverture du Majestic, une salle de spectacle de 1 200 places qui proposera également un conservatoire et une médiathèque. « Ce type d’équipement n’existe nulle part ailleurs dans le sud de l’Île-de-France. C’est en rayonnant que nous développerons la commune et permettrons à la population de s’élever », poursuit James Chéron. L’équipement, ouverture prévue en 2022, sera géré par une Société publique locale dans laquelle siégeront des collectivités des trois régions de proximité. Montereau-Fault-Yonne consolidera ainsi son offre culturelle pour les villages ruraux en périphérie.

Des logements nouveaux, entre rénovation et écoquartier

Un dynamisme qui devrait également encourager de nouveaux habitants à s’installer. D’après le maire, « l’effet Covid » se fait sentir, avec des transactions immobilières plus rapides et sans négociation de prix, mais aussi des prix à la vente et à la location qui augmentent, notamment pour les maisons avec jardin. Dans ce contexte, de nouveaux logements sont construits dans le quartier de Surville, en rénovation urbaine, mais aussi dans un nouvel écoquartier développé par Grand Paris Aménagement. Si James Chéron se réjouit de cet élan, il n’en reste pas moins prudent face aux promoteurs. « Autant il est possible de construire des logements, autant il ne faut pas faire n’importe quoi. Le PLU de 2007 est trop permissif. Il y aura un encadrement plus important dans le prochain PLU », prévient-il.

Retrouvez l’intégralité du dossier consacré à « La revanche de la « grande banlieue » dans le 34ème numéro d’Objectif Grand Paris.

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