Et si Macron lançait un Green Bond pour sauver le Grand Paris Express ?

Et si Macron lançait un Green Bond pour sauver le Grand Paris Express ?

La finance verte sera-t-elle le remède ?

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Éditorial  paru dans son intégralité dans La Tribune le 07/12/2017 par Philippe Mabille

La finance “verte” sera à l’honneur en début de semaine au Climate Finance Day à Bercy et lors du One Planet Summit organisé par Emmanuel Macron pour relancer la lutte contre le réchauffement climatique deux ans après l’Accord de Paris. Mais derrière les mots, et si la France, qui revendique le leadership sur le marché des Green Bonds, par exemple en s’en servant pour financer le super métro Grand Paris Express, projet écolo s’il en est… Hypothèse folle à l’heure où tous les élus de la région tirent la sonnette d’alarme.

Climate Finance Day au ministère des Finances à Bercy, One Planet Summit à la Seine Musicale à Boulogne… Lundi 11 et mardi 12 décembre, Paris va se peindre à nouveau en vert pour célébrer les deux ans de l’accord de Paris sur le climat. Avec, cette fois, Emmanuel Macron en maître des cérémonies, une centaine de pays signataires et une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement vont redire, une énième fois, que la bataille des 2°C est loin d’être gagnée et qu’il est temps d’accélérer pour répondre à l’urgence, comme l’ont réaffirmé 15 .000 scientifiques à la veille de la COP23, à Bonn.

La séquence de l’année 2017 suffit à lancer l’alerte : alors que Donald Trump a annoncé le 1er juin le retrait des États-Unis de l’accord signé par Barack Obama, les émissions de CO2 repartent à la hausse avec la reprise économique. Autoproclamé leader de la contre-attaque contre les climatosceptiques, le président français a fait un bon coup de communication avec son slogan « Make our planet great again ». Mais derrière les mots, dans un monde où les catastrophes naturelles se multiplient et frappent durement les pays les plus vulnérables, comment passer la vitesse supérieure ?

Frapper la finance au portefeuille

La finance est au carrefour des remèdes. Au-delà même du fonds vert de 100 milliards de dollars promis pour aider la transition des pays émergents, qui n’est toujours pas opérationnel, les regards se tournent vers la finance privée et le gigantesque gisement d’épargne des pays riches : il faut réorienter massivement la finance mondiale vers des investissements « verts » et sortir des portefeuilles les actifs liés au carbone. Ce mouvement que les Anglo-Saxons nomment shifting the trillions [« transférer les milliards », ndlr] est lancé, un peu partout, mais il ne va pas assez vite. Surtout, lorsque des assureurs, des fonds de pension, vendent des actifs liés au charbon, il se trouve toujours d’autres investisseurs prêts à les acheter. Le seul moyen de les en dissuader serait de donner un prix « désincitatif », donc suffisamment élevé, au carbone. On en est loin. Pour changer la finance, il suffit de lui parler au portefeuille, elle comprend tout de suite beaucoup mieux. Le Canadien Mark Carney, gouverneur de la Banque d’Angleterre, et président du Conseil de stabilité financière a prévenu : la perspective de la fin du carbone signifie que les actifs des entreprises qui y sont liées ne vaudront plus rien lorsque la transition sera achevée.

Valérie Pécresse sonne l’alarme !

Parmi les bonnes nouvelles, en particulier pour la place de Paris qui compte bien jouer dans ce domaine un rôle majeur, la finance verte gagne donc peu à peu du terrain. Les émissions de green bonds, les obligations « vertes », devraient dépasser les 120 milliards de dollars en fin d’année. Cette nouvelle classe d’actifs reste cependant un marché de niche réservé à quelques émetteurs désireux de montrer l’exemple. Il faudrait généraliser ce type d’emprunts et les adosser à des projets concrets et visibles pour les citoyens.

De sorte que, s’il est permis de faire une suggestion à Emmanuel Macron, la France pourrait en ce domaine prendre un véritable leadership en lançant un grand emprunt vert pour financer ce qui est sans doute son plus grand projet écologique des prochaines années : le Grand Paris Express, le plus grand métro automatique du monde qui doit d’ici à la fin de la prochaine décennie relier 68 nouvelles gares et presque autant de nouveaux écoquartiers. Un grand projet menacé par les arbitrages budgétaires de Bercy, au point que l’on parle de l’abandon des lignes 17 (Roissy-Charles-de-Gaulle) et 18 (plateau de Saclay) et que la 16 ne doit son possible maintien qu’à sa dimension politique (elle reliera Clichy Montfermeil dont sont parties, entre autres, les émeutes des banlieues parisiennes en 2005). Ce mercredi, lors de la présentation du budget de la Région Ile-de-France, sa présidente Valérie Pécresse a tiré la sonnette d’alarme, faisant part de sa “grande inquiétude” et réclamant que toutes les lignes soient réalisées …..

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Qu’est que les “green bonds”
Les “green bonds” ou obligations vertes sont des obligations dont les montants sont affectés à des programmes écologiques qui visent soit à atténuer le réchauffement climatique, soit à adapter des populations ou des zones géographiques aux nouvelles donnes climatiques. Ces fonds permettent, par exemple, de réhabiliter des centrales nucléaires ou de favoriser les énergies renouvelables ou encore de protéger les populations contre certains phénomènes écologiques irréversibles comme la déforestation ou les inondations. La première émission de green bonds a eu lieu en novembre 2008 par la Banque Mondiale. Aujourd’hui, de nombreux émetteurs privés sont entrés sur le marché des green bonds, un marché qui connaît une très forte progression. Les entreprises émettrices ne développent cependant pas l’entièreté de leur activité dans des projets écologiques. Ce sont les fonds récoltés grâce à ces obligations vertes qui sont destinés à des projets spécifiquement liés à l’environnement.

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