Le Scot métropolitain, Paris moteur mais pas dominateur

Le Scot métropolitain, Paris moteur mais pas dominateur

La Métropole du Grand Paris a lancé l’élaboration du Schéma de cohérence territoriale (SCOT*) qui définira le projet métropolitain. La ville de Paris,

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La Métropole du Grand Paris a lancé l’élaboration du Schéma de cohérence territoriale (SCOT*) qui définira le projet métropolitain. La ville de Paris, après Est Ensemble, a apporté sa contribution avec une ambition essentielle : agir pour lutter contre les ségrégations et les disparités persistantes au sein du territoire.

Présentée au conseil de Paris, et adoptée par l’ensemble des sensibilités de la majorité municipale –l’opposition s’est abstenue-, la Contribution de Paris au Scot en cours d’élaboration est considérée par la Capitale comme un acte politique fort, bien au-delà de la simple participation à un document administratif. « Il s’agit », explique Anne Hidalgo, « de dire quelle métropole nous voulons, d’élaborer un projet qui dépasse les frontières administratives et partisanes et constitue le fondement d’un avenir commun ».

D’où un document très fouillé et volontariste dont Pierre Mansat, conseiller de la Maire sur les questions du Grand Paris, est l’une des chevilles ouvrières les plus actives.

Les orientations et la stratégie retenues par la Contribution s’appuient d’abord sur un constat : la métropole parisienne, si attractive à de multiples égards, enregistre un déficit de qualité de vie et des inégalités persistantes. C’est un territoire fracturé, en dépit de l’image souvent véhiculée d’une « métropole riche ». « Le taux de pauvreté y est supérieur à celui de l’Île-de-France et à celui des autres métropoles françaises » assure le texte parisien. Surtout, les disparités restent criantes : dans la métropole du Grand Paris, on trouve à la fois les quartiers les plus riches, si l’on en croit le revenu fiscal médian des habitants, c’est le cas par exemple dans les Hauts-de-Seine, et les plus pauvres, en Seine-Saint-Denis.

Aux coupures sociales et territoriales héritées de l’histoire pourraient s’ajouter demain si l’on n’y prend garde des difficultés liées aux défis de l’environnement et de l’urgence climatique.

Les choses vont-elles s’arranger avec le développement métropolitain ? Peut-être mais… pas toutes seules !

« La métropolisation, partout dans le monde, si on la laisse faire à sa guise en quelque sorte, produit toujours plus d’inégalités », explique Pierre Mansat. «La solidarité ne se manifeste pas d’elle-même… Il faut être volontaristes, prescriptifs, et aller bien plus vite dans la mutualisation des ressources, des mesures, des objectifs ».

D’où l’importance des projets qui illustrent déjà, sur le terrain, la volonté métropolitaine d’une capitale qui « en a fini avec la vision hégémonique d’autrefois ».  Ainsi par exemple de l’opération « portes en places » de la mairie de Paris, qui entend atténuer la rupture du périphérique entre Paris et communes limitrophes. Sur la porte de Montreuil, qui concentre bon nombre de dysfonctionnements urbains, le projet doit « recréer de la ville », adapter le site aux piétons et aux cyclistes, modifier radicalement un site aujourd’hui bruyant et pollué.

Un vaste espace végétalisé, accueillant logements et bureaux, doit remplacer le nœud routier, à la Porte de Montreuil, et c’est peu ou prou le cas de plusieurs portes au Nord, à l’Est et au Sud de la capitale qui devraient changer de visage à l’horizon 2030.

A citer encore l’immense projet urbain de la Zac Bercy-Charenton que le conseil de Paris vient de valider ; gagnée sur des friches ferroviaires, entre périphérique et échangeur autoroutier, la Zac devrait s’étendre sur 80 hectares, et surtout, sujet polémique entre tous, accueillir six nouvelles tours.

Reste pourtant que le Schéma de cohérence territoriale, qui s’imposera aux autres documents d’urbanisme et tracera ainsi les grandes lignes du développement du vaste territoire métropolitain, doit aussi voir ses ambitions acceptées et soutenues par les habitants. « Nous voulons lutter contre la spécialisation des territoires, refuser les ségrégations, construire une métropole solidaire. Mais il faut que les habitants s’approprient ces ambitions et y croient », reconnaît Pierre Mansat.

On en est pour l’instant bien loin : tous les sondages le montrent, entre pollution, bruit, coût de la vie, difficultés liées au logement et au transport, nombre de Franciliens s’affirment plus tentés par le départ que par l’attente d’une hypothétique « métropolisation heureuse »…

Christine Murris

*Le SCOT est l’outil de conception et de mise en œuvre d’une planification stratégique intercommunale, à l’échelle d’un large bassin de vie ou d’une aire urbaine, dans le cadre d’un projet d’aménagement et de développement durables (PADD). Source :  MINISTÈRE DE LA COHÉSION DES TERRITOIRES

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