« L’avenir de Paris, c’est le Grand Paris »

« L’avenir de Paris, c’est le Grand Paris »

Comment Anne Hidalgo, maire de Paris, analyse-t-elle l'impact du Brexit sur notre économie, elle qui a affirmé avec le maire de Londres, Sadiq Khan, l

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Comment Anne Hidalgo, maire de Paris, analyse-t-elle l’impact du Brexit sur notre économie, elle qui a affirmé avec le maire de Londres, Sadiq Khan, les liens qui unissent la capitale française à son alter ego britannique ? Comment envisage-t-elle de développer l’attractivité de la métropole parisienne, qu’il s’agisse de nouvelle économie, d’emploi ou de tourisme, dans le contexte du défi climatique qui s’impose aujourd’hui à toutes les politiques publiques ? Qu’attend-elle des candidatures françaises à l’organisation des Jeux olympiques de 2024 et de l’Exposition universelle de 2025 ?

Anne Hidalgo, sur tous ces points, réaffirme, dans nos colonnes, ses convictions et ses ambitions pour une capitale dont le destin est désormais, selon elle, indissolublement lié à la Métropole du Grand Paris. Un échelon qui, d’ores et déjà, s’est montré capable de mener à bien un « travail en coalition », soit, dit-elle, « une pratique politique très moderne et ambitieuse ».

« L’avenir de Paris, c’est le Grand Paris » donc, sous réserve, avertit cependant la Maire, que « quel que soit le résultat de l’élection présidentielle, (…) cet échelon perdure et ait le temps de faire ses preuves. »

Explications.

 

La rivalité entre capitales européennes en termes d’attractivité a pris une tournure nouvelle avec le Brexit. De fait, certaines entreprises semblent envisager d’accroître leur présence à Paris. Quelle peut être l’action de la ville dans cette perspective ?

Le Brexit ouvre des opportunités pour Paris, mais je refuse qu’il se traduise par une concurrence excessivement brutale vis-à-vis de Londres. Ce ne serait d’ailleurs pas dans notre intérêt. Au lendemain du référendum, j’ai co-signé une tribune avec Sadiq Khan pour réaffirmer notre attachement aux liens très forts qui nous unissent. Paris et Londres ont une histoire et une culture partagées, des défis communs. Vues de Pékin, les deux capitales forment un même bassin de vie et d’activités. Nous avons donc vocation à continuer à travailler étroitement et à construire des alliances. Bien entendu, la sortie de la Grande Bretagne de l’Europe implique de faire évoluer nos partenariats. J’ai proposé à Sadiq Khan que Paris soit la porte d’entrée des entreprises londoniennes vers le marché européen. Nos équipes travaillent depuis plusieurs mois à un dispositif de bi-domicilation des start-up. Celles basées à Londres auront des facilités pour se rendre et se développer à Paris, et réciproquement.

C’est tout de même la question du leadership des places financières européennes qui se pose dans ce contexte…

Oui, et Paris a des atouts indéniables pour se distinguer de Francfort, Dublin ou Amsterdam. Avec mon adjoint Jean-Louis Missika nous avons entamé un dialogue très constructif avec Paris Europlace, l’État, la Métropole du Grand Paris et la région Île-de-France. Nous avons créé ensemble, en décembre 2016, un guichet unique pour les entreprises et les investisseurs étrangers. Il leur fournit un interlocuteur unique, qui leur donne tous les renseignements nécessaires et les accompagne à chaque étape de leurs démarches. Je pense à la recherche de locaux, aux questions relatives à la fiscalité, mais aussi aux informations utiles aux salariés, en matière de logement, de scolarisation des enfants, de crèches, de transports, etc. Ce guichet est une mesure de simplification particulièrement appréciée. J’ai également soutenu la proposition du gouvernement de consolider le statut des impatriés, les Français vivant à l’étranger qui font le choix de revenir en France. Ils peuvent désormais bénéficier d’avantages fiscaux pendant une période de 8 ans après leur retour, contre 5 ans auparavant.

Les métropoles sont à la fois en rivalité et en coopération. Au sein du C40 que vous présidez, elles multiplient les échanges. Qu’attendez-vous de cette instance ?

Je ne parlerai pas de rivalité. Toutes les métropoles innovent, partagent leurs expériences et s’inspirent les unes des autres. C’est une démarche très constructive, responsable et vertueuse. Nous nous encourageons mutuellement à progresser. Il faut dire que nos défis sont les mêmes. Le premier d’entre eux, c’est le défi climatique, dont les effets sont ressentis sur toute la planète. Il influe sur l’environnement, la santé, le développement économique… Il conditionne toutes nos politiques publiques. Au sein du C40, qui fédère les 90 métropoles et que j’ai l’honneur de présider, nous sommes convenus d’en faire notre priorité. J’ai proposé à mes homologues de mettre en œuvre une stratégie commune, intitulée « Deadline 2020 ». Elle nous engage à redoubler d’efforts pour appliquer l’Accord de Paris et ainsi limiter la hausse des températures. Sur la question des transports, nous travaillons tous à la réduction de la place de la voiture individuelle polluante en centre-ville. Sur ce sujet, je peux m’inspirer de Tokyo, qui a déjà réussi à éradiquer le diesel, d’Oslo, qui est en train de le faire, de Berlin, qui a mis en place des vignettes anti-pollution depuis dix ans, de Milan, qui a élaboré des zones à trafic limité. À ce titre, chacun de mes déplacements à l’étranger m’amène à revenir avec de nouvelles idées pour Paris.

Retrouvez l’intégralité de l’interview dans le dernier numéro d’Objectif nouveau Grand Paris.

Crédit photo : Mairie de Paris-Carole Bellaïche.

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