L’Atelier parisien d’urbanisme, cinquante années à ausculter la ville

L’Atelier parisien d’urbanisme, cinquante années à ausculter la ville

Fin novembre 2017, l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), association née en 1967, a fêté ses 50 ans.

Les terres promises du réseau Grand Paris Express
La Région Île-de-France dévoile 3 nouvelles mesures pour soutenir l’innovation et l’attractivité
L’EPF Île-de-France signe une convention avec la Région Île-de-France

L’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) a organisé à l’occasion de ses cinquante ans, en fin novembre, une série de débats à Paris. Il s’agissait pour l’association de faire connaître le travail – cartes, études, travaux prospectifs – réalisé depuis un demi-siècle au service de la Capitale et de la petite couronne, au moment où de nouvelles évolutions institutionnelles changent la donne dans la région. Une façon aussi pour l’atelier de peser sur les débats en cours.

Un article signé Christine Murris

Fin novembre 2017, l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), association née en 1967, a fêté ses 50 ans. Le bel âge ? Dominique Alba, directrice générale de l’Association, n’en doute pas. C’est durant toutes ces années qu’un savoir de la ville s’est construit, fondé aussi bien sur l’observation et l’étude fines des évolutions d’un demi-siècle de vie urbaine que sur l’élaboration d’outils radicalement nouveaux qui ont peu à peu marié l’urbanisme et le numérique.
Flash back. Lorsque l’Apur est née, l’heure était – déjà ? – au big bang territorial – suppression du département de la Seine, réorganisation de la région parisienne – et à la ville triomphante, même si on ne la nommait pas encore métropole. C’est cette étape majeure que l’Apur a accompagnée, en organisant son propre développement.
C’était le temps des Trente Glorieuses, de la modernisation à marche forcée, impulsée d’abord par un président, Georges Pompidou, qui aimait l’art moderne et les grands travaux, puis par celui qui voulait changer la France toute entière, Valéry Giscard d’Estaing.

Modernité ? Trop peut-être ! Dans les années 60, voiture est synonyme de liberté. Paris veut, elle aussi, des autoroutes. On a échappé de peu aux échangeurs sur la place de la Bastille, avec une autoroute – dûment projetée sur le papier ! – qui devait, du nord au sud, prendre la place du canal Saint-Martin avant de s’allonger sur les bords de la Seine. Ce bitume-là, dont on sait à quel point il est aujourd’hui contestable et contesté, ne s’est finalement installé que sur les berges du fleuve.

On est aussi en pleine guerre froide : le développement urbain s’imagine à l’américaine, avec des tours, comme à Manhattan, ou en tout cas avec des immeubles de grande hauteur. Résultat : La Défense, au nord-ouest de Paris, – un quartier où l’on ne prévoyait dans les années 60 que du bureau –, et ses des millions de mètres carrés de bureaux…

Qui dit constructions nouvelles dit aussi destructions. Dans les années 60, des quartiers entiers y passent, à commencer par le ventre de Paris, devenu depuis un nœud ferroviaire. Le Marais tout entier a bien failli disparaître. En ce temps-là, ce n’est certainement pas avec du vieux que l’on va faire du neuf. Et c’est un miracle si la gare d’Orsay n’a pas disparu avec ses derniers trains !

Rénovation urbaine, premier acte

Le regard porté sur la Capitale change peu à peu : la rénovation urbaine, respectueuse du tissu historique des rues et pourtant méprisée jusque-là, regagne des lettres de noblesse.

C’est trop pour les urbanistes et les architectes de l’Apur qui prennent des risques dès les années 70 en s’élevant – avec d’autres – contre le goût de la démolition tous azimuts : « Ce mouvement “moderne” était mal vécu par la population et la reconstruction ne suivait pas toujours… Nous avons promu une nouvelle stratégie, plus réaliste, fondée sur la ville existante », explique Dominique Alba.

L’Apur se lance dans un travail tout à fait inédit, fait de cartographie et de recensements minutieux : les cours, les rues, les places de Paris font l’objet de bases de données nouvelles. L’Association observe, évalue, dessine, prépare des terrains. La revalorisation du tissu existant va aussi de pair avec l’intégration, au cœur des quartiers, des « grands projets présidentiels ». Il y a eu Beaubourg, il y aura la Grande bibliothèque. Il y aura même la pyramide du Louvre, conjuguant, audace suprême, grand projet et patrimoine. À la fin des années 80, c’est une plume chinoise qui redessine l’ancienne demeure des rois de France tandis que le ministère des Finances se déplace – certains disent « s’exilent » – vers l’Est de la Capitale…

L’article complet est à découvrir dans l’édition numéro 20 du magazine

L’Apur, fiche d’identité

• Naissance : juillet 1967, sous la forme d’une association.
• Direction générale : depuis 2012, Dominique Alba, architecte.
• Présidence : depuis 2014, Claude Dargent, Conseiller de Paris et du 15e arrondissement.
• Mission : documenter, analyser et développer des stratégies prospectives concernant les évolutions urbaines et sociétales à Paris et dans la Métropole du Grand Paris.
• Organisation : un programme de travail annuel, adopté en assemblée générale, s’articule autour de plusieurs axes : systèmes d’informations géographiques et numériques, tissus urbains, environnement et énergie, mobilité et grands services urbains, habitat et logement, social et sociétal, économie, emploi et commerce, dynamiques territoriales, grands projets. La majorité de ces travaux sont accessibles au grand public. L’association compte environ 80 salariés.
• Budget annuel : 9 millions d’euros, dont 10 % issus de recettes propres et 8 0% assurés par la Ville et le Département de Paris.

COMMENTAIRES