La revanche de la construction bois

La revanche de la construction bois

L’Institut Paris Region est formel : le bois revient en force dans la construction depuis quelques années, encouragé par les réglementations thermique

Construction de logements : la hausse se poursuit
Industrie, le retour ?
Entretien avec Éric Cesari, vice-président de la Métropole du Grand Paris

L’Institut Paris Region est formel : le bois revient en force dans la construction depuis quelques années, encouragé par les réglementations thermiques des bâtiments. Ressource naturelle et résistante, le bois émet deux fois moins de gaz à effet de serre que le béton. En outre, le matériau a la capacité d’absorber le dioxyde de carbone et constitue un très bon isolant. Enfin, il participe à rendre les chantiers propres, secs et rapides à exécuter.

Malgré ces bons résultats, le bois reste sous-utilisé, notamment par manque de connaissance du matériau. Pour y voir plus clair, l’Institut Paris Region a commenté, dans sa « Note rapide », une enquête lancée par FIBois Ile-de-France (ex-Francîlbois), association interprofessionnelle, et par l’Agence régionale énergie-climat (AREC). Près de 590 projets livrés entre 2015 et 2020 en Ile-de-France, ayant massivement eu recours au bois « en structure, enveloppe, isolation et aménagements intérieurs et extérieurs », ont été passés au crible.

La Seine-Saint-Denis, grande championne

On y apprend que la construction bois en Ile-de-France témoigne d’un « marché dynamique et soutenu » dans le logement collectif (34 % des projets), le logement individuel ou lotissement (19 %) et le bâtiment d’enseignement (18 %). En outre, les constructions neuves représentent la plus grande partie des projets (58 %). Viennent ensuite les extensions-surélévations (24 %) et les rénovations (19 %).

Côté territoire, les départements de Seine-et-Marne (22 % de la surface de plancher et 16 % des projets), de Seine-Saint-Denis (22 % de la surface de plancher et 19 % des projets) et de Paris (18 % de la surface de plancher et 20 % des projets) sont les plus volontaires. A noter que ces territoires disposent d’immeubles tertiaires et d’équipements en bois d’envergure, ce qui participe au taux élevé de surface de plancher.

Une activité à 240 millions d’euros

Concernant le type d’essences, l’enquête révèle que les résineux européens et nord-américains (épicéa, douglas, mélèze) sont le plus employés, notamment pour la réalisation des ossatures, murs et planchers. En Ile-de-France, très peu de projets utilisent des essences locales, faute de valorisation et d’organisation de la filière. Seuls 6 % des projets ont fait appel à du bois francilien.

D’après une autre enquête réalisée en 2018 par France Bois Forêt, interprofession nationale, et par le Comité professionnel de développement des industries françaises de l’ameublement et du bois (Codifab), l’activité construction bois en Ile-de-France s’élevait alors à 240 millions d’euros (réalisée à 21 % par les entreprises franciliennes), soit 13 % de l’activité nationale. Si la construction bois gagne du terrain, « un grand nombre d’acteurs en sont encore au stade de l’expérimentation », d’après l’Institut Paris Region. D’où les initiatives qui fleurissent de plus en plus de la part d’associations qui appellent à une structuration de la filière et de ses acteurs.

ADIVbois lance son 3e vade-mecum

« Encourager, prescrire et favoriser la construction bois ». Voici l’objectif majeur du troisième vade-mecum réalisé par ADIVbois, association qui milite pour le développement d’immeubles en bois. Ce nouveau guide, d’une centaine de pages, est avant tout destiné aux collectivités, aux aménageurs et aux propriétaires de fonciers publics ou privés. Certains de ces acteurs ont d’ailleurs participé à l’élaboration de cet ouvrage, en témoignant sur leurs démarches de construction en bois et en matériaux biosourcés. Ainsi, les Régions Ile-de-France et Occitanie, les métropoles de Nantes et Rennes, ou encore les aménageurs EPA Bordeaux Euratlantique et EPA Marne partagent leurs retours d’expérience et leurs bonnes pratiques.

Pour rappel, le premier vade-mecum publié par ADIVbois porte sur les « Immeubles à vivre en bois ».  Le deuxième est dédié à la maitrise d’ouvrage.

 

Légende photo : La Ferme du Rail, Paris – Agence Grand Huit – Crédit Christophe Jacquet.