La RATP dépoussière son image

La RATP dépoussière son image

Face à la concurrence des nouveaux opérateurs de transports ou encore des start-up spécialisées dans les nouvelles mobilités, la RATP doit plus que ja

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Face à la concurrence des nouveaux opérateurs de transports ou encore des start-up spécialisées dans les nouvelles mobilités, la RATP doit plus que jamais évoluer pour rester dans la course. Le groupe s’est ainsi doté de nouveaux logo et slogan pour illustrer sa stratégie qui se veut plus proche des problématiques urbaines.

« La ville a de l’avenir. » Voici le slogan qui s’adossera au nouveau logo de la RATP. Le groupe veut, à travers sa nouvelle image de marque, décoller l’étiquette du tandem « métro-bus » qui lui colle à la peau. « Notre ambition est d’être un leader mondial de la mobilité urbaine, durable et connectée », déclare Catherine Guillouard, présidente-directrice générale du groupe RATP.
Pour l’entreprise, « la ville a de l’avenir » certes lorsqu’elle dispose de transports publics traditionnels mais, surtout, si le territoire peut proposer des modes alternatifs aux transports lourds, polluants et gourmands en termes d’espace au sol. Pour répondre à ces nouveaux besoins, le groupe expérimente, depuis deux ans, des navettes autonomes, donc sans chauffeur, et électriques sur de courtes distances. Début 2018, il s’est intéressé à la location de scooters électriques, en libre-service et sans borne, en devenant actionnaire de la start-up Cityscoot. Plus récemment, il a rejoint les entreprise Eiffage et Poma afin de proposer des « téléphériques urbains » aux collectivités.

Le portable remplace la carte Navigo

Des projets certes plus dans l’air du temps mais insuffisants pour dépoussiérer son image. La RATP veut aussi montrer qu’elle maîtrise la data. En 2019, le groupe sortira une nouvelle application pour smartphone qui inclura la trottinette ou encore le vélo électrique dans le calcul des trajets. À terme, l’application pourrait même signaler le nombre de Vélib’ disponibles sur l’itinéraire
demandé. Il sera également possible de créer des alertes afin d’être prévenu par sms de l’horaire du dernier métro quelques minutes avant son départ. Et, chose promise, chose due : à l’été 2019, les usagers devraient pouvoir utiliser leur smartphone comme titre de transport. Comme avec la carte Navigo, il suffira de placer l’écran du téléphone sur le désormais légendaire support violet pour enclencher l’ouverture des portiques.
Enfin, pour gagner en efficacité et en part de marché, la RATP tient à s’assurer sa place dans la ville en optimisant son foncier. L’entreprise, qui souhaite maintenir ses véhicules et ateliers de maintenance en milieu urbain, opte ainsi pour la superposition des fonctions. Dans le 20earrondissement de Paris, le groupe a vendu l’un de ses terrains sur lesquels des logements et des bureaux ont été construits. Avec les fonds de la vente, a été créé en souterrain un centre-bus dédié au stockage des bus électriques. À noter que la RATP et Île-de-France Mobilités ont lancé, début 2018, un appel d’offres de 1 000 bus attendus pour fin 2020, pour un montant maximal de 400 millions d’euros. D’après Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, il s’agirait du « plus important appel d’offres d’Europe pour l’achat de bus  électriques ». « La ville a de l’avenir », en effet.
Mais pas seulement pour la RATP. « Le groupe est confronté à la concurrence depuis 15 ans, ce n’est pas nouveau. En revanche, les champs compétitifs se sont élargis. Certains fournisseurs de matériel roulant s’intéressent notamment à l’exploitation », reconnaît Catherine Guillouard. Plus que jamais, la RATP, du haut de ses 70 ans, doit se réinventer.