La nouvelle vie de la Poste du Louvre

La nouvelle vie de la Poste du Louvre

Transformé par l’agence Dominique Perrault, le très massif hôtel des postes de la rue du Louvre, à Paris, devient un îlot urbain traversant, ouvert et

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Transformé par l’agence Dominique Perrault, le très massif hôtel des postes de la rue du Louvre, à Paris, devient un îlot urbain traversant, ouvert et transparent. Loin de l’usine postale d’autrefois, on trouve des bureaux, des commerces, des logements. Une métamorphose qui magnifie l’architecture d’origine.

C’est un bâtiment -ou plutôt un monument-, parisien que les plus de vingt ans ne peuvent pas ne pas connaître. La grande Poste du Louvre, massif îlot urbain en forme de trapèze rectangle, installée sur 35 000 mètres carrés au coeur de Paris entre Centre Halles et bourse du Commerce, a joué un rôle central durant des décennies : pour les Parisiens, c’était celle qui ne fermait jamais, puisqu’on pouvait jusqu’au plus profond de la nuit aller glisser les courriers urgents dans ses boîtes aux lettres. Au-delà de l’accueil des usagers, c’était en réalité une véritable usine : derrière ses monumentales façades et sous d’austères charpentes métalliques, depuis la fin du XIXème siècle -depuis 1887 exactement-, de nuit comme de jour, des milliers de “postiers” recevaient, triaient, ordonnaient, distribuaient des tonnes de lettres et colis.

Un édifice en phase avec son époque

Les temps, cependant, ont changé : depuis des années, le courrier se raréfie inexorablement et Post Immo, la filiale immobilière de La Poste, a mieux à faire de son impressionnant patrimoine bâti…

D’où la rénovation spectaculaire de la Poste du Louvre. Confiée à Dominique Perrault et à son équipe, la Poste a changé d’époque, et s’apprête, après près d’une décennie de travaux, à s’ouvrir à ses nouveaux usagers.

La rénovation orchestrée par les architectes suit les préceptes de son temps : fini les bâtiments introvertis d’autrefois, soigneusement clos sur eux-mêmes, place à “l’îlot urbain transparent, ouvert, perméable, accessible”. Avec une rénovation qui, tout en respectant la charpente métallique, a fait tomber les cloisons ou les a habillées de verre, les perspectives se sont largement ouvertes. De l’intérieur, soulignent les architectes, on voit les rues en contrebas, tandis que de l’extérieur, on peut entrer et traverser un îlot autrefois clos.

A la manière des passages fréquents dans ce quartier, le vaste bâtiment sera percé par cinq ouvertures couvertes permettant d’accéder à la cour centrale, ouverte sur le ciel, et à ses commerces -13 boutiques en rez-de-chaussée-.

Les 35 000 mètres carrés, autrefois monofonctionnels, s’ouvrent aussi à la diversité : on y trouvera des bureaux -tout est déjà loué, à deux entreprises seulement, sur trois étages-, mais aussi quelques logements sociaux -17-, un commissariat, une crèche, un centre logistique en sous-sol et même… un bureau de poste.

Mutation urbaine

Au dernier étage, un hôtel cinq étoiles de 82 chambres -géré par le groupe Laurent Taïeb- ouvrira ses portes dans les mois à venir. Au même étage, un café et un restaurant panoramiques accueilleront aussi les passants qui pourront en profiter pour se promener sur les toits arborés, jouissant là d’une vue unique sur le zinc parisien, entre ciel, tour Eiffel, Tour Montparnasse et Sacré Coeur.

Métamorphosée, la poste la plus célèbre de Paris ? Bien sûr. Mais surtout magnifiée : à tous les étages, l’immensité et la transparence ont été rendues aux espaces d’origine, soulignés par les traits noirs omniprésents des piliers et des charpentes. De l’usine industrieuse d’autrefois, rien n’est oublié, mais tout a muté…