La Capitale cultive ses toits

La Capitale cultive ses toits

Alors que la 3e édition de l’appel à projets doit être lancée en décembre 2018 ou janvier 2019, les Parisculteurs engrangent leurs premiers fruits : 1

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Alors que la 3e édition de l’appel à projets doit être lancée en décembre 2018 ou janvier 2019, les Parisculteurs engrangent leurs premiers fruits : 130 tonnes de verdure ont été cultivées et récoltées sur les toitures et terrasses parisiennes.

Par Magali Tran

La vue est imprenable. Des terrasses de l’Opéra Bastille, on contemple Paris à 360°,… les pieds dans la terre. Lauréat de l’appel à projets Parisculteurs 1, Hop’éra Batavia y cultive désormais fruits, légumes, jeunes pousses et plantes aromatiques. Cette ferme maraîchère bio produit à destination des restaurateurs locaux et des employés de L’Opéra. Aux antipodes, Cycloponics se fait invisible et développe son projet dans un parking d’immeuble d’habitat social, dans le 18e arrondissement : dans « La Caverne », des champignons sont cultivés en hydroponie, sous lumière artificielle.

De la permaculture à la culture hors-sol, les Parisculteurs déploient une vitrine de savoir-faire variés. « L’un des enjeux était de constituer un panel très large de solutions d’agriculture urbaine », souligne le consultant François-Laurent Touzain, qui accompagne la Ville de Paris dans ces appels à projets.

 Créer un nouveau statut

Pour atteindre son objectif de 30 hectares d’agriculture urbaine d’ici la fin de la mandature, en 2020, la municipalité a fait les choses progressivement. L’agence d’urbanisme locale, l’Apur (Atelier parisien d’urbanisme), a fourni une solide base de travail, en recensant le potentiel de végétalisation des toitures parisiennes. Les équipes de la Ville de Paris ont ensuite pu approfondir le diagnostic en retenant les « meilleures » adresses : surface importante, bonne capacité portante, accessibilité mais aussi répartition homogène des sites dans la ville.

En proposant des lieux dont elle était propriétaire (écoles, crèches, équipements publics), Paris a montré l’exemple pour entraîner avec elle des bailleurs sociaux et des acteurs institutionnels. Et ça a marché. La trentaine de sites soumis à Parisculteurs 1 ont trouvé leur projet. Quant à la deuxième édition, elle a mobilisé des copropriétés ainsi que des communes voisines (Saint-Denis et Pantin).

Pour la 3e saison, qui sera lancée en décembre ou en janvier prochains, à nouveau une trentaine de sites seront mis en jeu, dont plusieurs en petite couronne et notamment en Seine-Saint-Denis. Et pas seulement des toits et des terrasses : des surfaces au sol pourraient y figurer, selon Pénélope Komitès, adjointe à la maire de Paris en charge des Espaces verts. « Nous voulons montrer que l’agriculture urbaine, c’est possible, insiste l’élue, mais nous devons accompagner les projets. La finalisation est très complexe et technique. Nous sommes en train de créer un nouveau statut de l’agriculteur urbain. » D’ores et déjà, quatorze Parisculteurs sont installés et une vingtaine d’emplois ont été créés.

Pour François-Laurent Touzain, c’est là le fruit d’une politique publique très « volontaire, bien outillée et qui donne des résultats spectaculaires ». Allons-y goûter !

Crédit photo : Guillaume Bontemps – Mairie de Paris

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