Île-de-France : Les tournages en forte croissance

Île-de-France : Les tournages en forte croissance

L’Île-de-France attire de plus en plus de tournages étrangers. Diversité des décors et aide financière attractive semblent être les clefs de ce succès

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L’Île-de-France attire de plus en plus de tournages étrangers. Diversité des décors et aide financière attractive semblent être les clefs de ce succès.

L’Île-de-France attire de plus en plus les réalisateurs et producteurs du monde entier. En effet, 50 % des productions cinématographiques et audiovisuelles nationales et 36 % des productions étrangères sont tournées sur le territoire francilien. Le nombre de jours de tournage dans la région a progressé de 84 % en cinq ans, passant de 2 970 jours en 2015 à près de 5 500 jours en 2019.

La région parisienne attire de plus en plus de films étrangers… et pas des moindres ! À titre d’exemple, elle a accueilli le tournage du film Mission impossible 6 : Fallout, de Christopher McQuarrie, une production américaine d’envergure qui a engendré 25 millions d’euros de dépenses et employé 350 techniciens par jour de tournage. À la clef, de belles retombées pour l’économie et pour l’emploi.

« On peut tout tourner en Île-de-France »

La diversité du territoire francilien est un atout pour attirer les producteurs. « On peut tout tourner en Île-de-France », assure Jérémy Redler, président de Film Paris Region, organisme régional de soutien à la production audiovisuelle et cinématographique. Châteaux, fermes, cités de banlieues… Entre les campagnes de la grande couronne francilienne et Paris, pléthore de décors sont disponibles, du plus emblématique au plus insolite. De plus, le patrimoine architectural de la région permet de recréer l’ambiance de multiples époques. Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma, sorti en 2019 et dont l’intrigue se déroule dans les années 1760, a par exemple été tourné en grande partie au château de la Chapelle-Gauthier, en Seine-et-Marne (77). Banlieusards, le long métrage réalisé par Kery James qui était dans les salles en octobre 2019, a quant à lui été tourné à Champigny-sur-Marne (94), dans le quartier du Bois l’Abbé. Citons aussi le film De Gaulle de Gabriel Le Bomin, dont la sortie est prévue pour mars 2020, qui a vu le jour dans les immenses studios de Bry-sur-Marne (94).

Coup de pouce financier

Autre atout : les pouvoirs publics ne lésinent pas sur les moyens financiers. Il y a d’abord le crédit d’impôt international, un dispositif qui encourage les producteurs à tourner en France en échange du remboursement, par le Centre national du ciné-
ma, de 30 % des dépenses du film effectuées sur le territoire français, avec un plafond de 30 millions d’euros. Il y a aussi la politique d’aide très volontariste de la Région, qui a mis en place un fonds de soutien à la production de 21 millions d’euros par an. Cette aide financière peut être attribuée à tous les types d’œuvre ( actions, documentaires, animations…) de plus de soixante minutes, dès lors que 50 % du tournage a lieu dans la Région et que la moitié du budget y est dépensée. La commission du fonds de soutien, composée d’élus et de professionnels du secteur, décide des films qui seront accompagnés et du montant de l’aide. « Un tournage, c’est du personnel embauché, des nuits d’hôtel réservées, des cantines sollicitées… On estime qu’un euro fourni par la Région, c’est seize euros de retombées économiques pour le territoire », explique Jérémy Redler.

 

Trois questions à Jérémy Redler, président de Film Paris Region

« IL FAUT RELOCALISER LES PRODUCTIONS FRANÇAISES »

Les atouts géographiques et financiers proposés par la Région ont fait progresser la quantité de tournages de films et de séries étrangères sur le territoire. Et les productions françaises ?

Quand j’ai pris la présidence de Film Paris Region, en 2017, j’ai été choqué de voir que pour de nombreux producteurs, il était plus facile de reconstituer une rue parisienne à l’étranger plutôt que de tourner sur place. Aujourd’hui, avec le fonds de soutien de la Région et le crédit d’impôt, nous sommes plus attractifs. Le taux de délocalisation, c’est-à- dire de films français tournés à l’étranger, était de 36 % il y a deux ans. Il est de 20 % aujourd’hui, un taux historiquement bas.

Les séries ont de plus en plus de succès. Quelle place prennent-elles dans les tournages franciliens ?

Elles montent en puissance ! En moins de deux décennies, les séries ont littéralement envahi l’industrie de la production cinématographique et audiovisuelle. Ce sont d’ailleurs elles qui expliquent en grande partie la progression du nombre de jours de tournage en Île-de-France.

Mais la Région n’est-elle qu’un décor pour les producteurs étrangers ?

Pas seulement ! Ils trouvent ici de nombreux équipements et des savoir-faire. D’abord, le territoire francilien abrite des écoles reconnues dans le domaine du cinéma, notamment axées sur l’animation et les effets visuels, telles que l’École Georges Méliès à Orly, l’École supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA) à Paris ou encore Gobelins, l’École de l’image, également située dans la Capitale. Le secteur dispose aussi d’une Cité du cinéma à Saint-Denis (93), sorte d’équivalent français de Cinecittà à Rome, ainsi que de nombreux studios de tournage à Épinay (93), à Aubervilliers (93) ou encore au Kremlin-Bicêtre (94).

 

Photo : It must be heaven, production franco-canadienne réalisée par Elia Suleiman, acteur et réalisateur palestinien, a été tournée à Paris et à Issy-les-Moulineaux en août 2018 ©Film Paris Region