Gastronomie : Une « pépite » à -mieux- exploiter

Gastronomie : Une « pépite » à -mieux- exploiter

En mars dernier, la région Île-de-France a lancé un nouveau « Parcours de la Gastronomie » afin de mettre en valeur les produits et savoir-f

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En mars dernier, la région Île-de-France a lancé un nouveau « Parcours de la Gastronomie » afin de mettre en valeur les produits et savoir-faire régionaux. Cible majeure, les touristes, qu’il s’agit d’inciter à sortir de Paris. Le circuit est alléchant mais encore balbutiant.

Comment tirer un meilleur parti touristique de la réputation française en matière de gastronomie ? Cette préoccupation francilienne est d’autant plus légitime que la Région ne manque pas de grandes toques et de tables étoilées… Encore faut-il inciter les touristes, dans ce domaine comme dans d’autres, à franchir le périphérique, barrière physique mais surtout psychologique difficile à sauter.

D’où l’idée de la Région, qui lance en mars un « Parcours de la Gastronomie en Île-de-France ». Cette promenade gourmande conduira le chaland, francilien ou étranger, de Versailles à Coulommiers, en passant par Paris ou encore Saint-Ouen. Objectif : offrir une « prestigieuse vitrine culinaire » et une expérience variée qui permettra, certes, de découvrir des restaurants mais aussi de prendre des cours de cuisine, de faire connaissance avec les produits du terroir, de visiter des usines, etc. « Ce voyage culinaire valorisera les produits et les savoir-faire franciliens mais pourra aussi, pourquoi pas, susciter des vocations chez les jeunes par le biais d’ateliers et de formations », explique Babette de Rozières, conseillère régionale et cheffe cuisinière, en charge du projet. Avant-goût.

Six étapes, entre usines, formation et produits du terroir

Tout commence à l’Hôtel de la Marine, situé sur la place de la Concorde à Paris. Fermé depuis le départ de l’État-major de la Marine en 2015, ce bâtiment classé proposera une offre gastronomique sur le thème des voyages et de l’exploration. Également sélectionnée, l’ancienne Poste de Versailles, qui date des années 1950. Idéalement située entre l’Hôtel de Ville et le Château de Versailles, elle est pourtant vide depuis une vingtaine d’années. La compagnie de Phalsbourg, qui a remporté l’appel à projets de la mairie pour l’extension et la rénovation du bâtiment, prévoit d’y aménager un centre d’innovation, une salle de spectacle et        1 500 mètres carrés de commerces et de restaurants. Une verrière spectaculaire couvrira une allée permettant ainsi de relier le bâtiment ancien à une extension contemporaine. Les sites de Paris et de Versailles devraient ouvrir avant la fin de l’année.

Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, mise sur d’autres atouts. Cette commune populaire du Nord parisien, déjà bien connue pour son marché aux puces, devrait accueillir, d’ici 2021, une halle gourmande. Fruit de la réhabilitation de la halle Alstom, ancienne   « usine à trains » construite en 1922, elle offrira un espace de commerces de bouche, des restaurants, un marché bio, une école de cuisine et une ferme pédagogique sur près de 10 000 mètres carrés.

Au-delà du périph’

Les trois autres sites sont situés à plus de 20 kilomètres de la Capitale. Une manière, pour la Région, d’attirer les touristes jusqu’en grande couronne. À Noisiel (77), sur le site de l’ancienne chocolaterie Meunier, ouverte en 1825, le siège de Nestlé France était installé depuis une vingtaine d’années. En 2020, l’entreprise devrait quitter les lieux pour laisser la place à une « Cité du goût ». Le projet : concevoir une « destination plurielle » à travers laquelle les visiteurs pourront découvrir le processus de fabrication du chocolat, de la fève jusqu’au moulage d’une tablette. « La Cité proposera des activités, de l’apprentissage, de la culture autour du goût. Elle se construit avec l’appui d’un opérateur qui dispose d’une expérience mondiale en la matière, avec le musée Coca-Cola d’Atlanta ou la brasserie Guinness à Dublin. Il y a des réflexions autour du chocolat mais tout reste ouvert », expliquait Pierre-Alexandre Teulié, directeur général de Nestlé France au Parisien dès 2018. Ouverture prévue en 2023.

Les adeptes du nouveau parcours auront également l’opportunité de découvrir un bâtiment hors du commun, qui avait été construit pour représenter la France à l’Exposition universelle de Milan, en 2015, sur le thème, déjà, de l’alimentation. Remonté à Tremblay-en-France (93), ce vaste pavillon de bois proposera, sur 3 000 mètres carrés, commerces, restaurants, espaces de dégustation, marchés éphémères et lieux de formation. Ouverture prévue dès 2020.

Le dernier site fait la part belle au terroir et à la tradition : situé à une soixantaine de kilomètres à l’Est de Paris, la Maison des Fromages de Brie, à Coulommiers (77), offrira une salle d’exposition, une usine et, plus original, un « briestronome », lieu de restauration consacré aux spécialités fromagères. La Région prévoit d’ajouter, au l du temps, de nouvelles étapes. Babette de Rozières, chargée de la recherche des sites à intégrer au Parcours, semble avoir identité une cible avec la Pisciculture de Villette (78), « un lieu exceptionnel, dit-elle, où les gens peuvent pêcher eux-mêmes leur truite et repartir avec leur futur repas. » La maison prête les cannes, offre les appâts et vide les poissons pêchés par le client qui ne paie que le produit. Pour faciliter l’accès à ces sites, un « Pass – Parcours de la Gastronomie » proposera, à terme, un tarif forfaitaire aux visiteurs.

Photo : La cité du goût à Noisiel – © Reichen et Robert Associés