La « flexipropriété » : être propriétaire pour 50 ans

La « flexipropriété » : être propriétaire pour 50 ans© alexander-kagan

En 2018, Xavier Lépine, anciennement à la tête du groupe La Française, a expérimenté pour la première fois la « flexipropriété ». Ce système p

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En 2018, Xavier Lépine, anciennement à la tête du groupe La Française, a expérimenté pour la première fois la « flexipropriété ». Ce système permet d’être propriétaire pour une durée déterminée.

« En 40 ans, l’inflation du prix du logement dans les zones tendues a été de 1 000 %. Peut-on être dans un système où tout le monde pourrait être gagnant ? » s’est demandé, il y a quelques années, Xavier Lépine président de l’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF). Ce système, il pense l’avoir trouvé avec la « flexipropriété », un montage inspiré du bail emphytéotique qui permet de jouir d’une propriété pour une durée déterminée, en échange d’une redevance modeste.

« La flexipropriété ne nécessite aucune modification législative ni subvention publique » – Xavier Lépine.

En 2018, ce dernier est à la tête du groupe La Française, une société de gestion immobilière. « Je voulais donner la possibilité aux ménages d’acheter un logement, sur la base d’un crédit classique de 20 à 25 ans, à la différence que le remboursement équivaut quasiment au versement d’un loyer », poursuit Xavier Lépine.

Pour ce faire, La Française a acheté des logements à des promoteurs dans les Hauts-de-France. Le groupe les a ensuite revendus 30 % moins cher à des ménages. Seul critère indispensable : avoir un emploi stable. L’apport n’est donc pas obligatoire. « Si vous pouvez payer un loyer, vous pouvez payer un crédit », estime Xavier Lépine.

Une décote de 2% par an

L’acquéreur achète ici le bien en versant son « loyer » pendant 50 ans. S’il vit toujours à l’intérieur après cette échéance, il peut y rester sans payer de loyer. Il peut aussi choisir de revendre son bien à La Française au bout de quelques années, au prix auquel il l’a acheté en comptant une décote de 2 % par an. Il peut aussi revendre le titre de propriété, sur la base du nombre d’années d’occupation restantes.

Autre cas de figure : si l’acquéreur décède quelques années après l’achat, les héritiers peuvent choisir de conserver le bien jusqu’à la 50e année, puis doivent le rétrocéder à la foncière. Ils percevront donc le fruit de la vente, selon les mêmes calculs cités plus haut.

« Vous êtes propriétaire totalement, mais temporairement. Contrairement à un loyer qui est perdu, ici l’acquéreur se constitue une épargne tous les mois » – Xavier Lépine.

Autre avantage, d’après le président de l’IEIF, selon la localisation du bien, les ménages peuvent se loger au plus proche des centres urbains, favorisant ainsi une mixité sociale.

La « flexipropriété » n’a connu qu’une unique expérience à ce jour. « Nous souhaitions reproduire le modèle en Île-de-France mais il a été difficile de trouver une banque intéressée. Le système était “trop innovant”, d’après elles. Puis la crise sanitaire est arrivée », conclut Xavier Lépine. Ce dernier a quitté La Française depuis mais il ne désespère pas de renouveler l’expérience.

Retrouvez l’intégralité du dossier sur les nouveaux modèles pour accéder à la propriété dans le 35ème numéro d’Objectif Grand Paris.

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