Evolution de la nature à Paris de 1730 à nos jours

Evolution de la nature à Paris de 1730 à nos jours

Cet atlas cartographique inédit édité par l'APUR permet de mieux comprendre les interactions entre les espaces plantés et les espaces bâtis dans Paris de 1730 à 2017.

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Un document de l’APUR

Un atlas cartographique inédit de 1730 à 2017 pour mieux comprendre les interactions entre les espaces plantés et les espaces bâtis dans Paris au cours de trois siècles de transformations urbaines.

L’étude autour de l’évolution de la nature à Paris propose un atlas cartographique inédit.

6 cartes 1730, 1830,1900, 1930, 1975 et 2017 permettent de saisir les interactions entre les espaces plantés et les espaces bâtis dans Paris au cours de quasiment trois siècles de transformations urbaines, au moment où s’écrit un nouveau contrat entre la ville et la nature.

Une cartographie interactive permet également à chacun de parcourir l’histoire de ces différentes formes de nature dans son quartier

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Aujourd’hui, la nature est au coeur de l’attractivité des villes à la fois alimentaire, environnementale, source de plaisir et de beauté. Elle est un équipement public du XXIe siècle. On compte aujourd’hui 15 ha d’agriculture urbaine déclarés, soit quasiment le double des années 70, dans une ville comme Paris, qui par ailleurs a construit de nombreux logements et équipements et augmenté sa surface d’espaces verts publics et privés de près de 400 ha en 40 ans pour atteindre 1420 ha en 2017.

En 1730, la nature occupait plus de 73 % des 105 km2 du Paris d’aujourd’hui : 3820 ha de grandes cultures, 960 ha de maraîchage et 500 ha d’arboriculture auxquels s’ajoutaient 1200 ha de bois et 450 ha de jardins privés. La ceinture maraîchère qui approvisionnait les parisiens en fruits et légumes occupait les espaces situés au-delà des actuels grands boulevards et les coteaux avoisinants de Belleville (rue du Pressoir), Montreuil (allée des Pêchers) ou encore Charonne (rue des Grands Champs).

En 1845, 1800 jardiniers-maraîchers étaient encore recensés dans la petite couronne, exploitant des surfaces de 0,5 à 1 ha. À cette époque, 95 % des fruits et légumes consommés par les parisiens étaient produits en Ile-de-France. Les parcs et jardins, qui étaient des espaces privés avant la révolution, s’ouvrent peu à peu au public et le premier jardin public ouvre 1848, c’est le jardin de l’archevêché, actuel square JeanXXIII, situé à l’arrière de Notre-Dame.

Alors que le nombre des espaces verts publics et privés a doublé entre 1900 (564 ha) et 1975 (1072 ha), le maraîchage disparaît quasiment de Paris dès 1900 (9,6 ha). Il réapparaîtra ponctuellement sur la zone des fortifications en 1930 avec 153,7 ha pour disparaître à nouveau dans les années 70 (8,3 ha). Ce phénomène est général à la zone urbaine dense. La Chambre d’Agriculture d’Ile-de-France enregistrait en 2010, 91 exploitations agricoles en petite couronne, dont seulement 12 % dédiées au maraîchage.

La ceinture maraîchère se retrouve aujourd’hui à plus de 100 km de Paris, en Picardie ou encore dans le Val-de-Loire. Plusieurs dispositifs engagés ces dernières années favorisent le retour du maraîchage en ville au travers d’incitations réglementaires (plantations des toitures, des murs), de progrès technologiques et de possibilités ouvertes à l’instar du permis de végétaliser, des jardins partagés et des appels à projets comme les Parisculteurs dont le succès va croissant. On compte aujourd’hui 15 ha d’agriculture urbaine déclarés, soit quasiment le double des années 70, dans une ville qui par ailleurs a construit de nombreux logements et équipements et augmenté sa surface d’espace vert public et privés de près de 400 ha en 40 ans (1420 ha en 2017).

Au-delà de son rôle nourricier et d’agrément, la nature dans la capitale a toujours eu un rôle essentiel de santé publique. Dès 1833, Rambuteau puis Hausmann, en lien avec les théories hygiénistes, généraliseront la présence des arbres d’alignements dans la capitale portant à 100000 le nombre d’arbres d’alignement. On reconnaît alors aux alignements un rôle technique de stabilisation et d’assainissement de la chaussée, ainsi que des qualités esthétiques et climatiques.

À partir des années 30, l’urbanisme moderne souligne l’importance de l’introduction de nature dans la vie quotidienne, accompagnant le changement de société initiée par l’apparition des premiers congés payés en 1936 et l’invention de la pratique des loisirs pour tous. Les jardins deviennent « espaces verts » et accueillent les loisirs quotidiens.

Les loisirs hebdomadaires sont portés par les grands parcs (27 grands parcs de plus de 100 ha en métropole),
les parcs sportifs (1600 ha en métropole, dont 214 ha à Paris), les îles de loisirs (12 en Ile-de-France dont 2 en métropole) et les forêts périurbaines (6300 ha en métropole, dont 995 ha à Paris).

En 2017 la nature à Paris est à la fois alimentaire, environnementale, de plaisir et de beauté. Elle est un équipement public du XXIe siècle.


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