« L’opportunité de briller à l’échelle européenne est enfin là ! »

« L’opportunité de briller à l’échelle européenne est enfin là ! »

S’il est une ville que le projet du Grand Paris métamorphose, c’est bien Villejuif. Plus de 3 000 logements devraient sortir de terre dans les prochai

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S’il est une ville que le projet du Grand Paris métamorphose, c’est bien Villejuif. Plus de 3 000 logements devraient sortir de terre dans les prochaines années, notamment dans les deux nouveaux quartiers de gare du Grand Paris Express. L’État est partie prenante en matière d’aménagement et de développement économique autour du cluster santé. Mais la ville est-elle prête à faire face à tous ces changements ? Franck Le Bohellec, maire de Villejuif, nous répond.

Villejuif s’apprête à accueillir deux gares du Grand Paris Express. Les chantiers conduisent à l’expropriation de commerçants et d’habitants. Est-ce compliqué à gérer ?

Nous collaborons de façon étroite avec la Société du Grand Paris. Depuis juin 2015, nous avons mis en place un comité de chantier autour de la future gare Louis-Aragon, où se poursuivent les démolitions. Nous y avons associé deux représentants des commerces et des riverains afin que tous participent à la vie du chantier et puissent suivre les processus d’indemnisation. D’ici la fin de l’année 2016, nous créerons également une antenne près de la future gare afin d’informer plus largement la population. Nous misons sur une forte campagne de communication à chaque phase de travaux.

Depuis l’annonce de l’arrivée de ces gares, le regard des entreprises a-t-il changé sur la ville ?

Nous sentons en effet une réelle appétence des entreprises spécialisées dans les domaines de la santé et du numérique. La renommée de nos écoles privées, telles que Sup’Biotech et Epita, n’y est pas étrangère. Dans quelques années, Villejuif deviendra un pôle d’excellence, une dynamique déjà enclenchée par le Cancer Campus installé sur le site de Gustave-Roussy. Pour preuve, l’hôtel d’activités Villejuif Bio Park, opérationnel depuis cinq ans, dépasse sa capacité d’accueil avec plus de 200 salariés. Un deuxième établissement devrait voir le jour en 2022. La création d’un Contrat d’intérêt national est par ailleurs en préparation afin d’accélérer les projets d’aménagement et créer des complémentarités en matière de santé dans toute la Vallée scientifique de la Bièvre.

Le cluster Santé aspire à davantage de reconnaissance au niveau international. Comment le promouvoir ?

Il est important que les différents acteurs publics soient des facilitateurs de développement, à commencer par les élus villejuifois. La création de la ZAC Campus Grand Parc, devenue Opération d’intérêt national en 2014 et donc gérée en partie par l’État, en est l’exemple. Ce nouveau quartier proposera 200 000 mètres carrés dédiés à la recherche universitaire et plus de 3 000 logements à destination notamment des étudiants, des professeurs et du personnel de santé, permettant ainsi de désenclaver le site de Gustave-Roussy. L’opportunité de briller davantage à l’échelle européenne est enfin là, nous ne pouvons passer à côté. D’où notre mobilisation pour demander la participation financière du département, de la Région et de l’État sur la partie aménagement.

Comment cette dynamique peut-elle bénéficier aux quartiers en rénovation urbaine ?

Pour ne pas avoir une ville à deux vitesses, nous comptons lancer des projets avec les bailleurs sociaux des quartiers situés dans le périmètre de la politique de la Ville afin d’enclencher des programmes de réhabilitation. Près de 85 % de notre patrimoine social date des années 1970. Le renouveau de ces quartiers passera par la création de 900 logements, dont la moitié en accession, et d’équipements publics, particulièrement sur le secteur Lebon-Lamartine qui souffre de sa monofonctionnalité. Il s’agit également de rendre ce quartier attractif pour les entreprises, auxquelles nous proposerons de nouveaux locaux tertiaires. Le but étant de développer l’économie sociale et solidaire pour favoriser les rencontres entre les usagers.

Une nouvelle population est donc attendue. Et la question du prix du foncier se pose… Avez-vous les moyens de le maîtriser ?

Nous pouvons en tout cas essayer. Pour cela, nous demandons aux promoteurs de proposer une offre privilégiée aux Villejuifois et aux personnes travaillant dans la commune. Ce geste commercial se traduit par une réduction de 5 % sur le prix d’achat, qui varie entre 4 500 et 5 600 euros du mètre carré. Mais c’est surtout la diversité de l’offre qui permettra à chacun de trouver un logement selon son budget. Nous possédons actuellement 39 % de logements sociaux, un chiffre qui devrait passer à 25 % dans les prochaines années au vu des logements en accession sociale et intermédiaires que nous comptons développer en nombre.

Retrouvez la suite de l’interview dans le numéro 14 d’Objectif Grand Paris.

 

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