Colombes réintroduit la nature en ville avec une « charte promoteurs » ambitieuse

Colombes réintroduit la nature en ville avec une « charte promoteurs » ambitieuse

La “charte promoteurs” de Colombes a pour objectif de mieux équilibrer accession libre et logements sociaux et de réintroduire la nature en vi

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La “charte promoteurs” de Colombes a pour objectif de mieux équilibrer accession libre et logements sociaux et de réintroduire la nature en ville grâce au “coefficient biotope” qui s’appliquera à toute construction neuve. Aujourd’hui, de premiers projets s’engagent sur ces nouvelles bases.

La nouvelle équipe à majorité écologiste portée à la tête de Colombes aux dernières municipales n’en a jamais fait mystère, et elle a même fait campagne sur ce point : il s’agit désormais pour cette ville de près de 90 000 habitants de changer d’époque et d’épouser résolument les exigences de la transition climatique. Finie l’exubérance de la construction – 6 000 logements engagés durant la précédente mandature – mal adaptée à des équipements publics vieillissants, finie la portion congrue dévolue aux espaces verts, finie la trop grande homogénéité sociale dans les nouveaux logements… Pour mener à bien ses ambitions, la nouvelle municipalité a mis une année à se doter d’un document particulièrement exigeant intitulé sobrement “charte pour l’aménagement et la construction durable”, autrement dit une “charte promoteurs” aux allures de petite bombe.

C’est elle qui, désormais, venant en complément des règles d’urbanisme, “permettra un développement maîtrisé, responsable et durable de la ville aux 9 000 pavillons et jardins”, selon Patrick Chaimovitch, maire de la ville. Elle s’imposera donc à toute construction neuve sous la forme d’un “partenariat” à signer entre ville et porteurs de projet.

Entre 20 et 30 % de logements sociaux dans tout nouveau projet

Parmi les objectifs affichés par la charte, la mixité sociale. Dans cette ville très attractive de l’ouest parisien, les logements engagés durant la précédente mandature étaient à 83 % en accession libre. Une situation “très déséquilibrée”, selon Alexis Bachelay, adjoint à l’urbanisme, alors que la ville compte plus de 5 000 demandeurs en attente de logements sociaux. Si Colombes n’a pas fait le choix avec sa charte de réglementer les prix de sortie des appartements neufs, elle exige que dans les secteurs disposant de peu de logements sociaux, ceux-ci représentent désormais 30 % des projets. Dans les quartiers où ils sont d’ores et déjà très présents, le pourcentage sera de 20 %. “Il s’agit de favoriser la mixité sociale qui n’est pas suffisante pour l’instant à Colombes”, poursuit l’adjoint au maire.

Les nouveaux usages devront également être prévus dès la construction : des cloisons mobiles créeront des zones d’isolement dans des logements désormais soucieux de s’adapter au télétravail, des locaux communs favoriseront le développement d’ateliers ou de bureaux partagés, des locaux vélos devront être proposés tandis que les rez-de-chaussée sur rue prévoiront les activités commerciales à venir. Tout ce qui se construit devra également, pour garantir la qualité technique des constructions, afficher des certifications reconnues, parfois très exigeantes en termes de sobriété énergétique, de compensation carbone et/ou de matériaux biosourcés.

Surtout, et la ville n’en est pas peu fière, la nouvelle bible de la construction neuve affiche un point fort très novateur, le “coefficient biotope”.
Une “contrainte lourde, c’est vrai”, admet Alexis Bachelay, mais que la municipalité considère comme indispensable dans une ville qui dispose de peu d’espaces verts : Colombes ne propose que 17 mètres carrés d’espace vert par habitant alors que ce taux s’élève à 25 mètres carrés par habitant en moyenne dans les Hauts-de-Seine. Même si les espaces verts publics sont amenés à se développer – c’est en tout cas l’ambition de la ville -, les constructions privées doivent prendre leur part de l’effort… Avec ce fameux coefficient biotope, pour un terrain de 100 mètres carrés, tout projet développera donc au minimum 40 mètres carrés de pleine terre, 10 mètres carrés de circulation imperméable et 50 mètres carrés de toiture végétalisée.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans le 34ème numéro d’Objectif Grand Paris.

Légende photo : plantations citoyennes de 900 arbres en milieu urbain. Crédit : mairie de Colombes.