La Caisse des dépôts s’engage dans l’opérationnel

La Caisse des dépôts s’engage dans l’opérationnel

Ne pas être seulement un « guichet ». C’est l’ambition de la Caisse des dépôts et consignations dans le cadre du projet du Grand Paris. L’institution

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Ne pas être seulement un « guichet ». C’est l’ambition de la Caisse des dépôts et consignations dans le cadre du projet du Grand Paris. L’institution financière s’est déjà engagée à prêter 4 milliards d’euros pour la création du nouveau métro. Mais elle espère surtout se faire une place parmi les acteurs opérationnels de la Métropole.

25 milliards. C’est le montant des dépenses à la charge de la Société du Grand Paris (SGP) jusqu’en 2030, qui comprend notamment la réalisation des quatre nouvelles lignes de métro en rocade autour de Paris. Une somme qu’elle compte réunir en utilisant différentes taxes (payées par les Franciliens, par les entreprises et les opérateurs de transports), mais aussi en passant par l’emprunt. Parmi les principaux créanciers : la Caisse des dépôts et consignations (CDC). L’institution financière a déjà accompagné la SGP dans le financement de la ligne 15 sud. « En 2015, nous avons prêté un milliard d’euros à la Société du Grand Paris », rappelle Régis  Pélissier, directeur régional Île-de-France de la CDC. Au total, ce sont 4 milliards d’euros qui seront octroyés au fur et à mesure de l’avancement des chantiers.

Des prêts spécial foncier

En 2016, la CDC devrait davantage accompagner les acteurs publics dans les grands chantiers censés donner un regain d’attractivité à la région. À commencer par les acquisitions foncières, base de tout projet urbain. Le prêt Gaïa Grand Paris devrait ainsi permettre, notamment aux Sem d’aménagement et aux bailleurs sociaux, d’augmenter leur capacité d’investissement. Ce prêt s’étale sur une durée de 20 ans (contre 15 ans en régions, le prix du foncier y étant moins élevé). En contre partie, 25 % de logements sociaux devront être construits sur le périmètre d’une Opération d’intérêt national ou d’un Contrat de développement territorial (et non à l’échelle d’un immeuble comme en région). « L’objectif est de répartir de façon équilibrée le nombre de logements sociaux sur la métropole. Nous tenons à participer à la mixité sur le territoire », poursuit Régis Pélissier. Autre dispositif autrefois utilisé par la CDC et remis au goût du jour : les véhicules d’investissement foncier, spécialement dédiés au périmètre des quartiers de gare. Il s’agira de faciliter les acquisitions dans ces lieux où l’État a pris le contrôle de l’aménagement.

Conseiller en ingénierie territoriale

La CDC souhaite cependant aller au-delà des prêts. Finie l’image du « guichet », elle veut aussi être vue comme un partenaire opérationnel à part entière. Pour cela, elle multiplie les partenariats au travers de ses filiales. En avril 2016, Grand Paris Habitat, groupement de sa filiale immobilière SNI, signait un accord de partenariat avec la Sem 92. L’objectif : faciliter la production de logements sociaux sur le territoire de l’aménageur. L’institution financière voit même plus loin dans le temps et compte bien se faire une place parmi les décideurs des grands projets urbains du Grand Paris. Si, d’un côté, elle aide les collectivités à acquérir des terrains, de l’autre, elle espère aussi faire fructifier les siens. « La Caisse des dépôts et consignations est propriétaire de 12 hectares sur les 50 que devrait compter le Village olympique à Saint-Denis », précise Régis Pélissier.

Ses interventions sur les territoires se déclinent également sous la forme de services nouveaux dédiés aux collectivités. La CDC propose depuis peu ses compétences en ingénierie territoriale. Il s’agit là de conseiller les villes dans les domaines financiers et juridiques afin de les aider à concrétiser des projets urbains. En cantonnant ses prêts à des territoires précis et en essayant de s’imposer comme un acteur de terrain, elle se met ainsi à l’heure du Grand Paris.

Ci-dessus, un terrain de 12 hectares à Saint-Denis appartenant à la Caisse des dépôts qui pourrait accueillir le Village Olympique. Crédit : Paris 2024 – Luxigon.

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