Aéro-Seine : une « flaque climatique » pour rafraîchir Paris

Aéro-Seine : une « flaque climatique » pour rafraîchir Paris

Le dispositif de rafraîchissement urbain Aéro-Seine, conçu par le studio de design Isabelle Daëron, a été installé rue Blanchard à Paris le 27 juillet

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Le dispositif de rafraîchissement urbain Aéro-Seine, conçu par le studio de design Isabelle Daëron, a été installé rue Blanchard à Paris le 27 juillet 2019. Il utilise le réseau d’eau non-potable, peu valorisé à ce jour, pour créer une « flaque climatique » qui devrait permettre de rafraîchir l’air ambiant de 2 à 4°C.  

La récente canicule l’a une fois de plus démontré, le réchauffement climatique est loin d’être une illusion et les zones urbaines denses sont particulièrement touchées, confrontées au phénomène des îlots de chaleur. À Paris, le problème est largement présent : la ville a battu son record de chaleur fin juillet avec des températures avoisinant les 43°C. D’où la mise en place d’un procédé expérimental de rafraîchissement inédit, la « flaque climatique », conçue par le studio d’Isabelle Daëron, chercheuse en design. Le 27 juillet 2019, elle a pris place pour la première fois rue Blanchard dans le 20ᵉ arrondissement de Paris.

Un système alimenté par le canal de l’Ourcq 

Il s’agit en fait d’une bouche de rafraîchissement qui fonctionne par débordement. Une fois ouverte, l’eau monte et se répand sur une surface constituée de granulats minéraux, un matériau poreux qui permet d’augmenter la surface de contact entre l’eau et l’air, d’augmenter l’évaporation et ainsi de faire diminuer la température. 

Cette bouche est reliée au réseau d’eau non-potable, créé au milieu du XIXème siècle à Paris pour nettoyer la voirie et arroser les espaces verts. Il est alimenté par la Seine et plus précisément par le canal de l’Ourcq. Une eau moins chère et moins énergivore que l’eau potable, et qui serait, selon des études menées par l’APUR, sous-utilisée. « Le réseau d’eau non-potable s’étend dans tout Paris et dans certaines communes limitrophes. Il s’agit d’une ressource à valoriser notamment dans le contexte de l’adaptation des villes au changement climatique », affirme Isabelle Daëron, conceptrice du projet Aéro-Seine.

Théoriquement, le dispositif permettrait de réduire la température de l’air de 2 à 4°C sur un périmètre qui reste encore à définir. Il faudra attendre la fin de l’été pour que son efficacité soit évaluée par les chercheurs de la Direction de la propreté et de l’eau de la Ville de Paris. Si les résultats sont concluants, Aéro-Seine pourrait être déployé sur d’autres sites, comme l’espère Isabelle Daëron. 

Rappelons que le projet avait été distingué en 2018 dans le cadre du programme FAIRE, accélérateur de projets urbains et architecturaux lancé par le Pavillon de l’Arsenal et la Ville de Paris, qui invite chaque année depuis 2017 des équipes pluridisciplinaires à proposer des projets d’expérimentations qui répondent aux grands défis urbains.

 

 

©Photo : Pierre l’Excellent