La revanche de l’Est parisien

La revanche de l’Est parisien

L’Est parisien veut se donner les moyens d’exister. Un objectif qui s’avère difficile à l’ombre  de  la banlieue Ouest et de ses pôles tertiaires d’envergure mondiale. Mais les communes de l’Est croient en leurs atouts pour accueillir de nouveaux habitants, des activités mais aussi des touristes.

Rosny-sous-Bois fait partie des villes qui souhaitent gagner en dynamisme. Pour y parvenir, elle compte en premier sur les transports. Déjà en possession de deux stations de RER E, elle accueillera trois stations de la ligne 11 du métro qui lui confèreront un nouvel accès direct jusqu’au centre de la Capitale. Par ailleurs, une gare de la ligne 15 du Grand Paris Express s’implantera sur son sol d’ici 2030 pour desservir la banlieue parisienne. Ainsi, la commune devrait être l’une des mieux reliées à ses voisines, dont font partie les 14 communes membres de l’ACTEP, le Syndicat mixte d’études et de projets de l’Est parisien. Parmi elles, Neuilly-Plaisance, Fontenay-sous-Bois et Nogent-sur-Marne.

L’attractivité passe aussi par la qualité de vie. « Autrefois, on habitait plus dans l’Est qu’on n’y travaillait. Aujourd’hui, des nombreuses entreprises s’y implantent et nous recevons même des touristes attirés par notre patrimoine naturel et bâti », se réjouit Jean-Pierre Spilbauer, maire de Bry-sur-Marne et délégué général de l’ACTEP. Alors que Vincennes reste célèbre grâce à son bois et son château, Rosny-sous-Bois espère convaincre avec son parc urbain de 17 hectares, actuellement en cours de réalisation. Un parc qui prend tout son sens au sein du Contrat de développement territorial (CDT), justement dénommé « Entre Marne et Bois ». Si la ville apporte sa contribution végétale, elle compte sur les autres membres comme Neuilly-sur-Marne ou Le Perreux-sur-Marne pour compléter l’offre de loisirs tournée vers l’eau.

La santé et la finance en ligne de mire

Mais l’un des fers de lance de ces regroupements territoriaux, aussi bien de l’ACTEP que du CDT, reste la diversification des activités économiques. De nombreuses villes souhaitent ainsi se rapprocher du cluster « Ville durable » intégré au pôle universitaire Descartes. « Nous souhaitons encourager l’emploi dans les secteurs porteurs, notamment celui de l’éco-construction. C’est pourquoi, nous avons créé le SEMIS, un institut de formation sur les techniques innovantes dans le domaine du bâtiment », souligne Julie Rodriguez, chargée de mission Intercommunalité à la mairie de Rosny-sous-Bois. Pour prouver sa bonne foi, la commune a initié la construction de l’école maternelle des Boutours, fabriquée en bois et en paille, dont les travaux se sont achevés en septembre 2014. Ce chantier participatif a réuni des associations et des riverains pour le gros œuvre, mais aussi des écoliers pour la conception de faïences recouvrant les murs des salles d’eau et pour la plantation d’arbres dans la cour de récréation.

La ville s’intéresse également au secteur de la santé. Elle souhaite accueillir davantage d’entreprises pouvant travailler en partenariat avec le pôle de formation sanitaire et social situé à Neuilly-sur-Marne. Coté sud, elle reste attentive aux opportunités que pourrait générer l’arrivée d’un « Campus tertiaire » à Val-de-Fontenay, impulsée par la Société Générale. Près de 5 000 salariés sont attendus dans de nouveaux immeubles de bureaux d’ici fin 2015.

Si l’Est parisien veut en finir avec son image de « cité dortoir », il doit néanmoins pouvoir loger les futurs salariés au plus près de leur lieu de travail. L’État, à travers le CDT, a imposé la construction de 1 370 logements par an aux six communes concernées. Reste à savoir comment ces communes, tant attachées à préserver leurs espaces naturels et leurs quartiers pavillonnaires, parviendront à intégrer ces nouvelles constructions sur leur territoire.

Photo encart : Le Syndicat mixte d’études et de projets de l’Est parisien, connu aussi sous le nom d’ACTEP, regroupe 14 communes.

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