Réorganisation forcée pour les agences d’urbanisme

Réorganisation forcée pour les agences d’urbanisme

Les évolutions institutionnelles obligent les agences d’urbanisme à revoir leur périmètre. La baisse des financements les contraint à réfléchir à leur

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Les évolutions institutionnelles obligent les agences d’urbanisme à revoir leur périmètre. La baisse des financements les contraint à réfléchir à leurs missions et compétences.

Les agences d’urbanisme ont principalement pour mission de produire des études sur l’aménagement des agglomérations françaises et d’apporter un regard objectif et prospectif aux élus. Très sollicitées depuis la constitution des intercommunalités géantes, notamment pour la réalisation de Plans locaux d’urbanisme intercommunaux ou encore pour les schémas directeurs d’aménagement à faire évoluer, ces agences de proximité doivent à leur tour se réorganiser. « Les agences ont repris les contours des agglomérations dessinés lors des lois de décentralisation. Aujourd’hui encore, elles n’ont pas d’autre choix que de suivre les évolutions territoriales », explique Jean Rottner, président de la Fédération nationale des agences d’urbanisme (FNAU) et maire de Mulhouse.

Des partenariats autour de la Seine

Ainsi, sur tout le territoire national, la Fédération mise dans un premier temps sur le travail en réseau. Si, en province, les agences se rapprochent en se calquant sur les contours des nouvelles régions (celles de Metz, Reims, Nancy ou encore Strasbourg travaillent ensemble sur la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine), en Île-de-France (dont le périmètre reste inchangé), les partenariats se forment davantage autour de projets stratégiques. Parmi eux, le Grand Paris allant jusqu’au Havre. L’idée poursuit ainsi son petit bout de chemin avec le rapprochement entre les agences du Havre, de Caen et de Rouen et leurs homologues franciliennes : l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) et l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR). Ces cinq agences, qui ont déjà été sollicitées pour le lancement du concours Réinventer la Seine lancé en mars 2016, devraient certainement l’être dans le cadre de la nouvelle association Axe Seine, mise en place en juillet 2016 par différents présidents de conseils départementaux pour développer des projets communs le long de la vallée fluviale.

Autre évolution due aux bouleversements territoriaux : la question des nouvelles (ou de la perte de) compétences des agences d’urbanisme. Si, pour la FNAU, « l’urbanisme va au-delà des enjeux de pouvoir », certaines agences pourraient voir leur destin prendre une autre tournure compte tenu des rivalités politiques. C’est justement le cas de l’APUR et de l’IAU. La première est à l’origine l’agence de la ville de Paris ; la seconde, quant à elle, est le principal outil de prospection de la région Île-de-France. Mais, globalement, leurs missions sont assez semblables, tout comme leur territoire d’intervention. La Région va-t-elle pousser les deux organismes à se différencier de façon plus précise ? « La Région s’est retirée du financement de l’APUR depuis quelques mois », regrette Jean Rottner. « Ce qui doit primer, c’est la cohérence entre tous les outils d’urbanisme. Nous avons besoin d’y voir plus clair dans les volontés politiques de Paris, de la Région et du Grand Paris.

Des subventions revues à la baisse

Si « les fusions d’agences ne sont pas nécessaires pour rester en cohérence avec les bassins de vie », d’après la FNAU, la production de toutes les études nécessaires pour réorganiser les agglomérations géantes demandera beaucoup d’investissements. Alors que les territoires se font et se défont, occasionnant des expertises supplémentaires, toutes les agences font face à une baisse de leurs subventions. Pour preuve, le financement de l’État est passé de 10 à 5 millions d’euros sur 5 ans.

Pour parer à ces contraintes budgétaires, la FNAU prend de plus en plus le parti de diversifier ses partenaires. Des conventions passées avec l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) à des missions menées pour EDF, les agences d’urbanisme se font connaître, se diversifient et tentent d’asseoir leur légitimité. « Il ne faut pas que l’ingénierie territoriale apparaisse comme accessoire, notamment en termes de financements. Plus que jamais, les élus ont besoin de visions extérieures à leur territoire », conclut Jean Rottner.

Ci-dessus : Jean Rottner, président de la Fédération nationale des agences d’urbanisme (FNAU) et maire de Mulhouse. La 36ème Rencontre des agences d’urbanisme avait réuni près de 800 personnes (octobre 2015, Lyon).

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