La Région emménagera à Saint-Ouen, et fera des économies

La Région emménagera à Saint-Ouen, et fera des économies

Ca y est, c’est décidé : après avoir longuement réfléchi et comparé les dossiers, la Région Ile-de-France a choisi l’adresse qui l’accueillera à partir de 2018 : c’est en Seine-Saint-Denis, au centre de Saint-Ouen, que les équipes de Valérie Pécresse s’installeront dans deux bâtiments en cours de construction sous la houlette de Jacques Ferrier, architecte des gares du Grand Paris.

Bien loin des ministères et des hôtels particuliers du 7ème arrondissement, l’exécutif régional s’arrime ainsi à une zone-phare du Grand Paris, symbole s’il en est de ce développement « hors les murs » qui doit marquer le nouveau périmètre.

En termes de confort quotidien, les salariés du Conseil Régional n’ont pas à se plaindre : ils disposeront du métro, ligne 13, et du RER à proximité de leurs bureaux, l’audace de la Région n’étant pas allée jusqu’à attendre les nouveaux bâtiments qui se développeront à l’arrivée des gares du Grand Paris Express. Le quartier sera également rejoint par la ligne 14, qui traverse tout Paris, à partir de 2019. Les salariés auront même, s’ils se sentent d’humeur sportive, un vaste parking à vélos sous leurs fenêtres.

Le siège de la Région Ile-de-France emménage aussi, à n’en pas douter, dans un espace particulièrement dynamique : à proximité du nouveau centre se trouvera ainsi le quartier des Docks, une réhabilitation de qualité d’une zone autrefois industrielle tournée vers la Seine, et des milliers de mètres carrés à la vente pour ceux qui, parmi les 2000 salariés, choisiraient de se rapprocher de leur lieu de travail…

Un gain de 9 millions d’euros

L’objectif est donc évidemment symbolique, et Valérie Pécresse a insisté sur ce point, expliquant que le déménagement lui permettait de tenir une promesse longuement repoussée, selon elle, par l’ancienne majorité régionale. La Présidente de la Région a en outre assuré qu’elle avait par ailleurs refusé les sites qui se proposaient dans les Hauts-de-Seine, département-symbole d’un Ouest parisien suffisamment apprécié des sièges des grandes entreprises pour que l’argent public se porte plutôt ailleurs.

Les motivations, au-delà de toute cette symbolique, sont cependant aussi économiques. En déménageant, l’institution régionale réduit son train de vie. La Région débourse actuellement 30 millions par an pour 50 000 mètres carrés dispersés sur de multiples sites mais pour l’essentiel situés dans le cœur politique de la capitale. Dans la modeste ville de Saint-Ouen, où le mètre carré est nettement moins cher, la Région ne devrait payer « que » 21 millions par an pour des bâtiments neufs, évidemment respectueux des normes les plus récentes, et de belle qualité architecturale. Le calcul est vite, et le gain de 9 millions d’euros empoché chaque année trouvera rapidement à n’en pas douter un autre usage.

Reste à savoir si la Région vendra ou pas son patrimoine bâti dans Paris, se constituant ainsi un confortable bas de laine au-delà du gain annuel sur le loyer. Sur ce point, les décisions ne sont pas encore prises…

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