« Nos points forts peuvent poser des problèmes »

« Nos points forts peuvent poser des problèmes »

Trois questions à Michel Leprêtre, président de Orly Val-de-Bièvre Seine-Amont

Comment concevez-vous le rôle de l’EPT aux côtés des maires ?

Le territoire n’est pas une institution mais avant tout un levier pour consolider des politiques, un outil. Il lui faut s’inscrire dans la dynamique existante, compte tenu des projets multiples qui existent dans nos communes, rapprocher les points de vue, faire du « consensus positif » qui n’est pas le plus petit dénominateur commun mais un moyen de consolider les politiques. Je suis en confiance avec les maires, c’est un point essentiel. Nous avons cherché à construire une charte de gouvernance, afin de nous assurer que les maires et les politiques municipales seront respectés. C’est un système qui nous permettra de dépasser nos divergences quand elles existent. Ce n’est pas si simple : nous n’avons que six mois d’existence… Et nous payons la réduction des moyens des collectivités locales. Nous avons des communes entrées en disette, qui peuvent en outre avoir l’impression que l’on veut aspirer leurs moyens financiers ! Or, ici, nous ne voulons pas de décision supra communale mais simplement faire plus en s’appuyant sur les politiques municipales.

Quels sont leurs points forts ?

Je veux d’abord valider et consolider le fait que nous avons ici un grand service public, très diversifié, très efficace. En termes de logement social, par exemple, nous avons vraiment innové, pour répondre aux problématiques d’un territoire marqué par le déficit d’emplois. Même si 24 villes, c’est aussi 24 histoires. Et du même coup, parfois un puzzle de pièces qui ne sont pas a priori toujours ajustables. Il nous faut faire en sorte que les projets de développement existants et parfois développés de longue date s’accrochent bien les uns aux autres, à Paris, aux départements limitrophes. Au 1er janvier 2018, le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) doit être rédigé, c’est un très grand chantier. Nous avons aussi des points forts qui peuvent poser des problèmes. C’est par exemple l’aéroport, qui doit sans doute renforcer sa place mais en respectant les populations.

Qu’attendez-vous de la Métropole dans ce contexte ?

La Métropole peut prendre ses initiatives mais en s’appuyant sur les territoires. Elle nous a d’ailleurs déjà réunis, c’est la bonne méthode. Le président Ollier s’emploie à nous donner de la visibilité au travers, notamment, du concours « Inventons la Métropole ». Cet appel a déjà suscité le dépôt de plus de 80 projets par les territoires. Tout cela donne du sens à l’ensemble de la Métropole, et c’est une bonne chose. Mais il y a bien des problèmes qui restent à régler. Citons par exemple la question des franchissements. C’est une vraie difficulté sur un territoire marqué par de grandes emprises closes, par des voies ferrées, des autoroutes, et puis traversé par la Seine. À l’intérieur de Paris, les ponts sont très fréquents, il en va tout autrement quand on a franchi le périphérique ! Il nous faut des ponts, des passerelles, qui seront autant de liens entre les villes…

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