Marcher pour donner vie au Grand Paris

Marcher pour donner vie au Grand Paris

Un « sentier métropolitain du Grand Paris » est en cours d’exploration et d’élaboration. En 2020, il proposera des boucles pédestres permettant de découvrir un patrimoine architectural, historique et naturel encore méconnu.

Alors Capitale européenne de la culture, Marseille a créé, en 2013, son « sentier de grande randonnée », près de 400 kilomètres entre ville et calanques. C’est sur ce modèle que l’association « Sentier métropolitain du Grand Paris » entend élaborer le sien tout autour de la Capitale, entre petite et grande couronne.

L’affaire en est, si l’on ose dire, à ses premiers pas : chaque mois, un groupe de marcheurs pionniers, accompagné de photographes, journalistes, auteurs, historiens, géographes ou urbanistes, se forme pour effectuer les premiers repérages. Une caravane plus ou moins fournie qui arpente les sentiers déjà existants pour élaborer ce qui deviendra, en 2030, un tracé balisé d’environ 500 kilomètres.

Les marcheurs ne partent pas de rien : « Nous avons pour commencer récolté et répertorié tous les sentiers existants », explique Paul-Hervé Lavessière, géographe-urbaniste, déjà auteur de La Révolution de Paris, un récit de voyage pédestre entre Versailles, Saint-Denis et Créteil. « Ils sont déjà nombreux, la plupart à l’échelle départementale. Il y a aussi des sentiers de grande randonnée qui partent de Paris ou bien traversent la région en venant de plus loin. »

Le nouveau sentier ne se contentera pas, lui non plus, de sauter par-dessus le périphérique : en reliant bourgs ruraux, zones industrielles, villes nouvelles et espaces agricoles, c’est la métropole dans toutes ses facettes qu’il donnera à voir. Car rien n’avait jamais été vraiment conçu jusqu’à présent à l’échelle du Grand Paris et cette grille de lecture métropolitaine se révèle bien plus riche qu’il n’apparaît de prime abord.

Tout au long de ce nouveau fil conducteur, c’est toute l’histoire de Paris et de sa région qui se dévoile. Ici, les carrières de gypse qui ont permis d’édifier la ville, là les traces des aqueducs qui lui ont apporté l’eau, ailleurs les maraîchages nés des épandages d’eaux et des déjections de la Capitale… « On parle du Grand Paris institutionnel, de ses projets, mais on ne le connaît pas dans son épaisseur historique », poursuit Paul-Hervé Lavessière. Aujourd’hui encore, de grand ensemble en zone pavillonnaire, c’est toute une dimension humaine et sociologique de la métropole qui se dévoile.

Dès 2020, un balisage numérique, disponible sur une application, devrait être accessible, en attendant un balisage physique qui sera réalisé en partenariat avec la Fédération française de la randonnée pédestre.

Un projet qui permettra de donner une vision nouvelle du Grand Paris tout en s’inscrivant dans l’engouement actuel pour la marche à pied. Dès 2020, l’association espère voir le sentier attirer… 100 000 marcheurs !

S’il ne suit ni le parcours du Grand Paris Express ni les pourtours de la Région ni ceux que dessinent les frontières de la Métropole du Grand Paris, l’intérêt du futur sentier n’a pas échappé à cette dernière, à la Région et à la Société du Grand Paris qui, toutes trois, subventionnent et suivent avec intérêt le projet.

Ci-dessus, arrivée de nuit à Saint-Ouen-L’Aumône. Crédit photo : Florence Joubert / Picturetank.

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