Le Mantois à l’heure de l’éco-industrie

Le Mantois à l’heure de l’éco-industrie

La Seine. C’est l’atout économique majeur du Mantois, qui profite d’une situation privilégiée entre la Capitale et le port du Havre. Véritable Eldorad

Fantasmes urbains, à plus ou moins 2°
La Seine s’offre aux planches à dessin
La Seine, axe fluvial et atout majeur du Grand Paris

La Seine. C’est l’atout économique majeur du Mantois, qui profite d’une situation privilégiée entre la Capitale et le port du Havre. Véritable Eldorado des entreprises industrielles dans les années 1950, le territoire mise aujourd’hui sur l’éco-construction.

Après plusieurs décennies de crises post-industrielles, la région du Mantois semble enfin s’être trouvé une voie de développement. Pour cela, il aura fallu passer, en 2006, par la création d’une Opération d’intérêt national (OIN) nommée Seine Aval. L’occasion pour les 51 communes membres d’innover pour attirer les investisseurs. Elles ont choisi de miser sur la création d’un cluster dédié à l’éco-construction et à l’éco-industrie. Conscientes que les capitaux seront loin de se bousculer à cinquante kilomètres de Paris, les acteurs du territoire ont pris le parti d’investir en premier, à coups de millions d’euros, dans la création d’immobilier d’entreprises et de nouveaux équipements.

Parmi les chantiers nécessitant de forts investissements, on retrouve l’Écopôle, attendu pour 2017. Situé à cheval sur les communes de Carrières-sous-Poissy et de Triel-sur-Seine, il accueillera des activités en lien avec l’éco-construction au sein d’un village d’entreprises. Le promoteur ALSEI y a déjà investi 7 millions d’euros. L’Écopôle se donne aussi pour mission de former les professionnels à cette nouvelle filière. Depuis 2012, la Fabrique 21 propose à la fois des espaces de formation, de démonstration et de vente. Elle regroupe une trentaine d’entreprises et accueille 700 professionnels par an.

Les ports se renouvellent
Le Mantois maintient son cap « éco » en profitant de ses espaces agricoles pour se lancer dans la culture du miscanthus. « Cette plante peut servir à la réalisation de bloc de béton ou encore à la fabrication de plastique entrant dans la confection des voitures », précise Denis Courtot, directeur de l’aménagement et du développement de l’Établissement public d’aménagement du Mantois Seine Aval (Epamsa). Depuis 2010, Chanteloup-les-Vignes y a consacré 200 hectares. Des entreprises telles que Ciments Calcia ou encore PSA soutiennent financièrement l’association Biomis G3 qui milite pour développement de la filière du miscanthus.

Fortes de ces nouveaux développements, les communes n’en oublient pas pour autant celle qui a fait leurs Trente Glorieuses : la Seine. Le port de Limay-Porcheville, le premier port fluviomaritime francilien en termes de capacités et de dessertes, a su conserver ses entreprises tournées vers les secteurs de la métallurgie et de l’automobile. Mais, depuis quelques années, lui aussi s’ouvre aux filières nouvelles, notamment celles du recyclage. Parmi les dernières entreprises implantées, France Plastiques Recyclage, qui revalorise les bouteilles en plastique, et Recyc Matelas Europe qui s’emploie à la revalorisation des matelas. Les communes de Seine Aval espèrent bien continuer à surfer sur la vague « écolo », en se dotant, d’ici 2019, d’un nouvel Éco-Port, implanté à Triel-sur-Seine, qui sera spécialement dédié à l’acheminement de produits de l’éco-construction.

Les grands projets semblent se concrétiser au fil des années. Mantes Innovaparc, un nouveau quartier d’activité, s’est récemment attiré les faveurs d’investisseurs-utilisateurs, notamment l’entreprise Sulzer Pompes France qui a investi 15 millions d’euros dans sa nouvelle usine. Avec 15 000 établissements implantés sur l’ensemble de Seine Aval, les acteurs du territoire restent cependant prudents et se montrent même réalistes. « On espère surtout attirer les PME et les entreprises industrielles. On ne drague pas les grands sièges sociaux qu’on n’aura pas de si tôt », conclut Jamila Baya, responsable développement économique à l’Epamsa.

Légende photo : ci-dessus, le port de Limay-Porcheville. Crédits : Epamsa.

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