Grand Roissy : cap sur les affaires et les loisirs

Grand Roissy : cap sur les affaires et les loisirs

S’il est un secteur qui a toujours attiré les investisseurs, c’est bien le territoire de Roissy, connu pour son aéroport mais aussi pour ses centaines d’hectares dédiés aux activités de logistique. Cependant, aujourd’hui, l’heure est à la diversification de l’économie.

Le territoire de Roissy est le premier pôle logistique d’Île-de-France. Mais ces zones d’entrepôts, véritables enclaves s’étalant sur des centaines de mètres carrés, en plus d’être fort consommatrices d’espaces, sont loin d’être accueillantes. « C’est un modèle à bout de souffle, trop monofonctionnel. Tout l’enjeu est d’arriver à requalifier ces zones en y introduisant des services, des équipements et un meilleur accès », reconnaît Damien Robert, directeur général de l’établissement public d’aménagement Plaine de France. L’objectif est à présent de créer des micro-centralités à taille humaine et mixtes dans leur programmation, à destination d’entreprises utilisant régulièrement le transport aérien. Les nouvelles gares du Grand Paris Express permettront, quant à elles, de désenclaver davantage le territoire.

Asiatiques et Brésiliens recherchés
Aerolians Paris, situé à Tremblay-en-France, sera le premier quartier d’affaires à sortir de terre en 2016. Ce projet, qui se veut un lieu d’échange et d‘innovation sur 200 hectares, est conçu pour accueillir jusqu’à 25 000 salariés. Une opportunité  dont s’est saisi un groupe d’actionnaires portugais, chinois mais aussi français, dont fait partie le promoteur immobilier Saint-Germain, pour développer le commerce à l’international. L’entreprise a investi 600 millions d’euros pour la création du Paris Asia Business Center, un complexe spécialisé dans l’import-export de produits entre l’Europe et l’Asie, qui réunira notamment des bureaux, des commerces et un hôtel.

Autre quartier attendu, cette fois tourné vers le tourisme d’affaires : l’International Trade Center Paris, qui s’implantera à Roissy-en-France. D’ici 2018, il proposera notamment un centre de congrès, des halls d’expositions et une dizaine d’hôtels. « Près de 650 millions d’euros ont déjà été versés par Gilberto Bousquet Bomeny », précise Damien Robert. Le promoteur brésilien est notamment connu pour le développement du World Trade Center de Sao Paulo. Un investissement qui pourrait rapporter gros si la région Île-de-France parvient à se maintenir à la première place dans l’accueil des salons professionnels internationaux.

Le territoire de Roissy mise également sur l’industrie des loisirs, une offre qui reste à développer sur un territoire jusqu’à présent essentiellement consacré au transport aérien, à l’agriculture et à l’industrie. Dans le cadre du projet du Triangle de Gonesse, EuropaCity proposera sur 80 hectares un parc aquatique, des fermes urbaines, des salles de spectacles ou encore des grands magasins. L’investisseur Immochan finance la totalité de ce quartier géant à hauteur de 3 milliards d’euros.

Tous les projets ne sont pas encore financés. Sevran, commune qui a davantage marqué l’actualité pour ses émeutes que pour ses projets urbains, voudrait aujourd’hui réaffirmer sa volonté de renouveau : trois quartiers devraient être complètement réaménagés. Le pôle « Terre de sport », un espace récréatif devrait voir le jour à l’horizon 2020. Promoteurs et investisseurs sont vivement recherchés, l’ensemble des projets étant estimé à 200 millions d’euros.

Accueillir plus d’étudiants
Enfin, le nord parisien porte l’ambition de briller dans le domaine de l’enseignement supérieur, ses communes comptant les populations les plus jeunes et les moins diplômées d’Île-de-France. Ainsi, à quelques mètres du stade de France, les villes de Saint-Denis et de Saint-Ouen s’apprêtent à accueillir le Quartier universitaire international du Grand Paris. L’objectif : proposer des hébergements, des équipements sportifs et culturels ainsi que des espaces de restauration à 10 000 étudiants susceptibles de fréquenter le Campus Condorcet, attendu pour 2018, et d’autres universités parisiennes.

Pourtant, malgré ces projets multiples, « l’attractivité du territoire reste encore trop dépendante du développement des aéroports », reconnaît Damien Robert. Paris pourrait bien accuser un retard, comparé aux aéroports de Londres et de Francfort, dans la production de foncier à la fois économique, accessible et qualitatif : les 15 milliards d’euros d’investissements privés prévus dans les 15 prochaines années sur le Grand Roissy changeront-ils la donne ? Affaire à suivre…

Ci-dessus, le parc aquatique prévu dans le projet Europacity (@ EuropaCity).

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