Fragile et complexe, mais… prête !

Fragile et complexe, mais… prête !

La Métropole du Grand Paris est née le 1er janvier. Elle a ses élus, sa gouvernance. La prise en main des compétences peut commencer, pour elle comme pour les Établissements publics territoriaux. Mais, pour le grand public, le « grand choc de simplification » est encore à attendre !

Elle a beaucoup de pain sur la planche. À peine née dans un environnement souvent hostile, la Métropole doit se mettre à voler de ses propres ailes. Or, la nouvelle instance n’a pas encore de locaux, pas d’administration autre que celle que constituent les fonctionnaires de la Mission de préfiguration, quelques compétences obligatoires et d’autres qui restent à définir, des moyens financiers réels limités… Pas facile.

Rien qui soit pourtant de nature à décourager Patrick Ollier, premier président de la nouvelle instance. Lui qui a tout à créer entend bien travailler vite, histoire de couper l’herbe sous les pieds de ceux qui taxent la Métropole d’impuissance avant même de l’avoir vue à l’œuvre.

Pour se mettre au travail, à défaut d’une administration bien huilée, la Métropole a maintenant ses élus. Un président, bien sûr, reconnu pour son caractère consensuel et sa connaissance intime des mécanismes de l’aménagement du territoire en général et de la Métropole en particulier. Mais aussi des vice-présidents et des conseillers, le tout respectant strictement la « gouvernance partagée » promise par Patrick Ollier. Il s’est agi, selon les mots du Président, de « garantir la représentativité de toutes les sensibilités de tous les territoires, mais dans le respect du fait majoritaire issu des élections municipales de 2014 ».

Pour la parité et la diversité, il faudra attendre encore un peu.

La première vice-présidence échoit donc à Anne Hidalgo, maire de Paris, même si les Socialistes ne présentaient pas de candidats à la présidence. Elle représentera notamment le Grand Paris sur la scène internationale, grâce à l’aura de la Capitale. Le deuxième vice-président est un politique technicien, fin connaisseur des arcanes des finances publiques : Gilles Carrez, qui ambitionnait d’être le premier président de la Métropole, est aussi le président LR de la puissante Commission des Finances de l’Assemblée nationale. Son second atout : être un élu de l’Est parisien, en sa qualité de député-maire du Perreux-sur-Marne.

La troisième marche sur le podium métropolitain est occupée par André Santini, ancien ministre et député-maire UDI d’Issy-les-Moulineaux. Lui aussi pouvait aspirer à la présidence, il est désormais troisième vice-président délégué à la stratégie économique, un domaine tout à fait majeur et une compétence partagée avec la Région. Vient ensuite le quatrième vice-président, premier et unique représentant du Front de Gauche, président du nouvel établissement public territorial de Plaine Commune et conseiller municipal de Saint Denis. Patrick Braouezec, lui aussi, s’est de longue date vigoureusement impliqué dans la mise en place de la Métropole…

Une architecture progressive et complexe

Au-delà des délégations, la collectivité a mis la dernière main à son exécutif en créant sept commissions thématiques, consacrées aux finances, au projet métropolitain, au développement économique, à l’habitat et au logement, à l’aménagement numérique et à l’innovation, et enfin à l’aménagement du territoire.

Quatre compétences obligatoires sont transférées à la nouvelle Métropole, le développement et l’aménagement économique, social et culturel, la protection de l’environnement, la politique locale de l’habitat et l’aménagement de l’espace métropolitain, tandis que les douze Établissements publics territoriaux, eux aussi en cours de mise en place, en obtiennent dix.

Mais ces compétences seront transférées progressivement de 2016 à 2018. Le conseil de la Métropole dispose aussi de deux ans après sa création, soit jusqu’à la fin 2017, pour définir ce qu’est l’intérêt métropolitain, une définition majeure puisque c’est d’elle que dépendra l’étendue exacte des attributions de la Métropole. La redistribution des ressources entre MGP, territoires et communes n’est pas moins complexe. Difficile de s’attendre, face à une telle architecture, à ce que le grand public mesure et apprécie tout de suite l’étendue des missions de la nouvelle Métropole…

Enfin, reste un dernier étage à ce grand échafaudage : en grande couronne, 17 nouvelles intercommunalités ont vu le jour autour des 131 communes de la Métropole. Seule reste donc – pour l’instant ! – une frange, plus lointaine, entre ces Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) et les limites de la région Île-de-France.

 

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