Faire évoluer la ville en conciliant ambition et protection

Faire évoluer la ville en conciliant ambition et protection

Premier vice-président de Grand Paris Grand Est et maire de Rosny-sous-Bois, Claude Capillon porte de grandes ambitions pour sa ville. Il compte notam

Massy, « ville de province» à côté de Paris
Entre prudence et volontarisme, Le Perreux balance…
La gare Fort d’Issy-Vanves-Clamart a son toit

Premier vice-président de Grand Paris Grand Est et maire de Rosny-sous-Bois, Claude Capillon porte de grandes ambitions pour sa ville. Il compte notamment s’appuyer sur le developpement des transports en commun pour redonner un nouvel élan économique à la commune.

Prolongement de la ligne 11, arrivée future de la ligne 15 : Rosny-sous-Bois voit son réseau de transports en commun renouvelé. Un atout qui comporte aussi des risques. Comment les maîtriser ?

La ligne 15 doit arriver à Rosny en 2025, en principe. C’est un bouleversement que nous avons anticipé et préparé, notamment par le biais de la révision de notre Plan local d’urbanisme (PLU). Elle a été votée en novembre 2015 dans cet esprit : il s’agit de miser sur le développement sans mettre en danger nos acquis. Ce PLU, qui a été beaucoup travaillé, s’est donc voulu à la fois ambitieux et protecteur. Il prévoit le développement du secteur nord, lié à l’arrivée des nouveaux transports, avec une intensification importante. Le premier projet sera développé au niveau de l’écoquartier Coteaux Beauclair, à proximité de Domus  et de la ligne 11 du métro. Ce sont 1 300 logements qui devraient s’édifier là, avec des commerces et des activités, notamment tertiaires. Un quartier qui sera marqué par la mixité, à la fois fonctionnelle et sociale. Par ailleurs, il fallait rassurer les Rosnéens qui ne veulent pas mettre en danger leurs zones pavillonnaires. Pour se faire, on a abaissé les hauteurs, protégé les cœurs d’îlot, bref redonné des assurances aux habitants de Rosny…

Dans le cadre de ce développement urbain, vous avez soumis un site au concours Inventons la Métropole. Qu’attendez-vous de cette procédure ?

Vous savez, ce qui aide vraiment les quartiers à se développer, et c’est irremplaçable, ce sont les transports ! Mais quoi qu’il en soit, le concours constitue pour nous un coup de projecteur appréciable. Nous y proposons un site, Rosny Métropolitain, soit un ensemble de 18 parcelles au positionnement stratégique puisqu’elles se situent à proximité du futur pôle Rosny Bois Perrier, au croisement des lignes 11 du métro, 15 du Grand Paris Express et du RER E. C’est un site occupé actuellement par des habitations, garages et dépôts municipaux qui offrent l’opportunité de poursuivre la mutation de cette partie de la ville et de repenser les liens entre centre-ville et nouveaux quartiers. Il y a là des coupures, liées aux emprises routières mais aussi commerciales, qui doivent être repensées et « recousues ». Les nouveaux quartiers constituent toujours des paris, mais nous sommes ambitieux et ouverts aux propositions : des architectes sont d’ailleurs déjà venus, ils regardent volontiers cette ville…

En prenant une place accrue dans la métropole, serez-vous aussi davantage en mesure de répondre à ses besoins en offrant plus de logements ?

Nous allons indiscutablement vers une intensification. La population, qui s’élève actuellement à 44 200 habitants, atteindra sans doute les 50 000 d’ici 10 ans. Mais nous sommes exigeants en termes de qualité de vie : la démarche environnementale est importante ici, et cela s’est déjà traduit par des éco-constructions innovantes. Le nouveau quartier qui se construira d’ici 2025, aux Coteaux Beauclair, à proximité des nouvelles lignes, doit répondre aux critères du label national écoquartier, bien qu’il soit très contraignant. Cela impliquera bien sûr de nouveaux équipements publics et, notamment, dès les années 2022-2023, une nouvelle école. Mais il nous faut être prudents : les villes ne sont pas très argentées, ce n’est un secret pour personne… D’ores et déjà, la population a crû, notamment du fait de l’interaction avec Val-de-Fontenay qui a créé beaucoup d’emplois. Des tarifs de foncier et de location abordables ont facilité l’arrivée de nouvelles familles. C’est un cercle assez vertueux. Nous enregistrons un phénomène de gentrification, malgré la densification. Pourtant, les demandes de logement social insatisfaites – 1 500 actuellement – restent nombreuses : nous voudrions disposer du contingent d’attribution du préfet pour mieux répondre aux besoins des Rosnéens.

Les élus sont souvent préoccupés par leur cœur de ville et par le maintien d’un commerce de proximité. Qu’en est-il dans la ville qui accueille Rosny 2, un ensemble commercial gigantesque ?

En effet, Rosny 2 est un site très important qui représente 17 000 emplois et des dizaines de millions de visiteurs ! Pour autant, le centre-ville est préservé. Dans cet objectif, nous nous sommes dotés d’outils de protection, dont un périmètre de sauvegarde du commerce. Durant les cinq dernières années, nous avons ainsi vu en centre-ville, entre transports et mairie, s’ouvrir un café, une librairie, un magasin de produits biologiques, une rôtisserie et une fromagerie. Nous avons également construit une nouvelle halle de marché à proximité de la gare du centre-ville. Le bouche à oreille joue : les gens considèrent qu’ils sont dans un écrin préservé, avec un environnement agréable, et ils sont suffisamment optimistes pour croire en l’avenir de leur offre commerciale. Là aussi, nous bénéficions de l’activité accrue de Val-de-Fontenay – il y a là 4000 salariés ! – qui, compte tenu de la proximité, a un impact sur la restauration, l’hôtellerie et le petit commerce.

Retrouvez l’intégralité de l’interview dans le dernier numéro d’Objectif nouveau Grand Paris.

COMMENTAIRES