« Nous espérons faire revivre les activités ferroviaires »

« Nous espérons faire revivre les activités ferroviaires »

À Villeneuve-Saint-Georges, les contraintes naturelles – risques de glissement de terrain, d’inondation, etc. – sont lourds et l’environnement – faisc

Le Grand Paris de la romancière Laurence Cossé
Le nouveau palais de justice, donjon moderne au bord du periph’
Troisième série de relocalisations pour l’Agence de développement du Val-de-Marne

À Villeneuve-Saint-Georges, les contraintes naturelles – risques de glissement de terrain, d’inondation, etc. – sont lourds et l’environnement – faisceau ferroviaire, aéroport – n’arrange rien, pas plus que la vétusté du centre-ville. Malgré ces difficultés chroniques, Sylvie Altman, la maire, s’est lancée dans différents chantiers depuis 2008 pour tenter de rendre une attractivité nouvelle à la ville.

Villeneuve-Saint-Georges souffre d’un manque d’attractivité depuis une trentaine d’années. Comment expliquer ce déclin ?

La commune souffre d’une géographie très contraignante. Elle est coincée entre la Seine, une vaste emprise ferroviaire et des coteaux inscrits en Plan de prévention des risques naturels de glissement de terrain. Nous avons aussi deux quartiers en zone rouge du Plan de prévention du risque inondation. S’y ajoutent les secteurs soumis au Plan d’exposition au bruit généré par l’aéroport d’Orly, notamment dans le centre-ville et dans le quartier de la Pologne. Ces désagréments rendent difficile, voire impossible, tout projet de construction. Seul l’État peut nous délivrer des dérogations mais les démarches sont très longues.

Comment élaborer un projet de territoire dans ces conditions ?

Je suis Villeneuvoise depuis une quarantaine d’années. Je connais aussi bien les atouts de cette ville que ses difficultés. Ces contraintes peuvent être surmontées pourvu que l’on en ait la volonté. Par exemple, j’ai lancé un projet de revégétalisation des berges de l’Yerres dans le sud de la ville. Nous avons racheté, en partenariat avec l’Agence de l’eau, 21 000 mètres carrés de terrains situés en bordure du cours d’eau. À la place, nous replanterons des espaces naturels qui absorberont une partie de l‘eau en cas d’inondation. Même problématique dans le quartier de Triage où les futurs immeubles seront surélevés. À force d’acharnement, nous avons aussi obtenu le droit de construire des logements en centre-ville dans le cadre du Programme National de Requalification des Quartiers Anciens Dégradés (PNRQAD).

Le centre-ville a entamé sa mutation dès 2009. Quelles sont vos ambitions en matière de commerces de proximité ?

La rue de Paris est victime de deux phénomènes. Certains commerçants ont quitté le centre-ville pour s’installer dans les grands centres commerciaux des villes voisines. Par ailleurs, le niveau de dégradation des immeubles, qui touche aussi les rez-de-chaussée, décourage les commerçants. C’est en réhabilitant nos immeubles que nous pourrons faire revenir des commerces de qualité. Nous avons choisi de les regrouper sur une seule partie de la rue de Paris. Les autres rez-de-chaussée accueilleront des services différents comme une médiathèque en 2018 et, pourquoi pas, des ateliers d’artistes et des locaux pour artisans.

Le projet « Cross-dock » devrait voir le jour dans le quartier de Triage dans les prochaines années. Qu’en attendez-vous ?

La concrétisation de ce projet est une grande satisfaction pour une ville cheminote comme la nôtre. Le triage a été abandonné par l’État il y a cinq ans. Les cheminots et la Ville ont obtenu un gel du foncier dans l’espoir de voir revivre les activités ferroviaires. Nous devrions signer le Contrat d’intérêt national bientôt. Deuxième motif de satisfaction : Villeneuve sera le point d’ancrage de la Métropole en matière de fret. Toutes les marchandises arriveront dans la commune et seront dispatchées via des véhicules propres. Une route interne, reliée à l’A86, sera spécialement dédiée à ces trajets pour éviter les embouteillages. Nous espérons également qu’une partie du site, composée de friches, pourra accueillir des locaux d’activités car, aujourd’hui, nous n’avons plus de place pour loger les entreprises. À terme, nous pourrons même envisager d’y construire des logements.

Une bonne partie de la population connaît des difficultés d’accès à l’emploi ou vit dans une situation précaire. Comment faire en sorte que les mutations du territoire profitent aux plus défavorisés ?

Tout d’abord, l’ensemble du projet sur le site ferroviaire sera créateur d’emplois. Ensuite, comme tous nos quartiers sont concernés par des travaux, nous espérons que de nombreux Villeneuvois pourront travailler sur les divers chantiers. Nous allons voir les entreprises pour que soient mises en place des clauses d’insertion, dans l’espoir aussi de faire baisser le taux de chômage qui atteint 17 %. Par ailleurs, nous agissons aussi pour faciliter l’accès aux autres pôles d’emploi. Nous subissons les nuisances d’Orly sans bénéficier des emplois par manque d’accès rapide à la plateforme. Nous souhaitons le prolongement de la ligne 18 (métro), d’Orly au RER D. Nous souhaitons aussi avoir plus de trains sur la ligne D du RER pour que les habitants puissent attraper la ligne 15 (Orbival) et profiter de cette dynamique métropolitaine. Depuis plusieurs années, nous nous battons pour disposer d’un pont supplémentaire pour franchir la Seine. Aujourd’hui, nous n’en avons qu’un seul pour 12 kilomètres de berges, c’est un non-sens.

Crédit photo : Joël Fibert.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans le 18ème numéro d’Objectif nouveau Grand Paris.

 

COMMENTAIRES