Aubervilliers : le Campus Condorcet ‘fait corps’ avec sa ville

Aubervilliers : le Campus Condorcet ‘fait corps’ avec sa ville

Comment intégrer un projet aussi gigantesque -6,5 ha !- que le Campus Condorcet dans sa ville, a fortiori quand il s’agit d’une commune comme celle d’

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Comment intégrer un projet aussi gigantesque -6,5 ha !- que le Campus Condorcet dans sa ville, a fortiori quand il s’agit d’une commune comme celle d’Aubervilliers qui, anciennement industrielle, n’a pas une forte tradition universitaire ? Le défi n’est pas mince.

Le défi a bien été relevé par la future « Cité des Humanités et des Sciences sociales » présentée le 14 mars par l’établissement public Campus Condorcet et le groupement Serendicité –GTM Bâtiment, Engie Cofely et Infrastructure PLC. Sa caractéristique majeure ? Former un « campus-parc qui doit faire corps avec la ville », souligne Jean-Claude Waquet, président de l’établissement public. Avec une végétation omniprésente qui s’étend du cœur du campus jusque dans la ville, le projet s’attache à « verdir un quartier par ailleurs très minéral ».

Deuxième grand principe architectural, le « cours des humanités », grande avenue qui parcourt et dessert l’ensemble des bâtiments. Accessible à tous, elle constitue une épine dorsale du projet et une nouvelle avenue urbaine qui, d’un trait, relie le campus à la station de métro Front Populaire tout en offrant au nord un accès direct au RER.

Enfin, le campus n’est délimité par aucune clôture : le rez-de-chaussée, qui propose essentiellement des espaces mutualisés entre les établissements membres du campus, est ouvert à la ville et aux riverains. C’est à cette hauteur que se trouvera le centre de colloque, lui aussi par définition accessible au-delà de l’univers strictement académique.

En offrant dès 2019 des équipements et des services de grande qualité – on pense en particulier au centre documentaire, « unique au monde dans son ampleur », souligne Jean-Claude Waquet –, le campus Condorcet donne aux sciences humaines et sociales les moyens d’un rayonnement académique que la France avait perdu.  « Jusqu’à présent », explique un universitaire, « lorsque des chercheurs étrangers venaient en France dans ce domaine, ils étaient sommés de travailler… chez eux, faute de lieux d’accueil ! Le Campus Condorcet, de ce point de vue, nous met enfin au rang des autres pays européens… ». Un moyen pour l’université française d’attirer à nouveau des talents qui s’étaient incontestablement détournés de Paris, aussi bien que de garder, tout simplement, les étudiants brillants tentés d’aller chercher ailleurs les moyens de poursuivre études et recherches.

Reste qu’il ne s’agit là que d’une première phase du projet, et d’un investissement de 500 millions d’euros, qui, pour ses initiateurs, doit encore être complétée. Une deuxième phase, moins coûteuse cette fois, mais qui permettrait d’intégrer de nouveaux services et d’accueillir les sièges de nouveaux établissements –dont la prestigieuse Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales-, devrait suivre. Le principe en a en tout cas été confirmé par Thierry Mandon, Secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Ci-dessus, vue aérienne du site. Crédit : Campus Condorcet 2012.

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