Ariella Masboungi, l’urbaniste engagée

Ariella Masboungi, l’urbaniste engagée

Le 30 novembre 2016, Emmanuelle Cosse, ministre du Logement et de l’Habitat durable, décernait officiellement le Grand Prix de l’urbanisme à Ariella Masboungi. L’architecte n’a pas manqué de réitérer son engagement pour la ville, pour la fonction publique et pour une plus grande visibilité des jeunes urbanistes.

« Je souhaite que l’Etat aide financièrement les jeunes professionnels de la ville et qu’il les envoie dans des territoires qui sont dépourvus d’urbanisme ». Ce fut l’un des vœux prononcés par Ariella Masboungi, architecte-urbaniste en chef de l’Etat, le 30 novembre 2016, lors de la cérémonie du Grand Prix de l’urbanisme. Un événement au caractère particulier cette année : c’est Ariella Masboungi elle-même, organisatrice de la cérémonie depuis 1998, qui s’est vue récompensée par Emmanuelle Cosse, ministre du Logement et de l’Habitat durable. « Ce Grand Prix est un éclairage national nécessaire pour développer nos territoires. Je salue vos multiples engagements en faveur d’un urbanisme de qualité et durable », déclarait la ministre à la nouvelle primée, deuxième femme à recevoir le prix après Paola Vigano.

Chasseur de talents

Née à Beyrouth en 1948, Ariella Masboungi a suivi des études d’architecture à l’université libanaise. En 1980, elle passe le concours d’urbaniste de l’Etat en France. Si elle a exercé dans différentes villes de l’Hexagone, notamment à Marseille, elle a aussi créé plusieurs lieux de débats et de réflexions réunissant des professionnels de la ville français et étrangers. Elle est ainsi à l’origine des ateliers Projet urbain fondés en 1992. Elle dirige également les « 5 à 7 » du Club ville-aménagement ainsi que les Matinées du Conseil général de l’environnement et du développement durable.

Depuis 2005, elle repère les talents dans le cadre du Palmarès des jeunes urbanistes, une cérémonie qui récompense, tous les deux ans, « des urbanistes de moins de 40 ans portant une démarche inventive ». Parmi les lauréats 2016, l’atelier Altern, créé par des paysagistes en 2008 pour faire face aux besoins de nature en ville, ou encore l’association Plateau urbain, qui utilise temporairement les mètres carrés vacants des immeubles de bureaux pour y développer des projets sociaux à but non lucratif.

A la rencontre des habitants

Des engagements qui touchent tout particulièrement Ariella Masboungi, qui espère mener encore plusieurs combats. La lutte contre l’étalement urbain pour commencer, cause de l’imperméabilisation des sols et de la propagation des incendies, mais aussi la lutte contre le développement à outrance des centres commerciaux en entrée de ville qui occasionne la fermeture des commerces de proximité. Ces enjeux, elle aimerait désormais les faire partager aux habitants : « J’ai très peu touché le grand public. Aujourd’hui, cela me paraît essentiel. Chacun doit comprendre que son comportement, quel qu’il soit, peut avoir des impacts négatifs sur la ville », conclut-elle.

Ci-dessus, Ariella Masboungi (à gauche) et Emmanuelle Cosse. Crédit : Manuel Bouquet – Ministère du Logement et de l’Habitat durable.

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