« 2017 doit permettre le renforcement de la MGP »

« 2017 doit permettre le renforcement de la MGP »

Au terme d’une première année d’existence, la Métropole du Grand Paris (MGP) affiche ses objectifs pour 2017. En priorité : régler la question du Schéma régional de l’habitat et de l’hébergement (SRHH) qui déciderait du nombre de logements à construire sur le territoire métropolitain à la place de la MGP. Par ailleurs, Patrick Ollier, son président, veut mettre l’accent sur la concertation avec les habitants.

 

La Métropole du Grand Paris souffle sa première bougie. Quelles réflexions vous inspirent cette première année ?

Mon principal objectif en 2016 était de rendre l’Institution lisible pour l’ensemble des 131 maires de la Métropole et plus globalement pour l’ensemble de la classe politique. Nous avons affiné le fonctionnement institutionnel, désigné un Bureau et établi un budget en très peu de temps. Nous avons également réussi à instaurer une gouvernance partagée historique en mettant nos querelles politiciennes de côté pour nous concentrer sur les besoins des habitants. Il fallait agir vite pour ne pas laisser les trouble-fêtes s’immiscer dans la construction métropolitaine…

Qui sont ces trouble-fêtes ?

Toutes les personnes qui ont lancé des attaques injustes envers la MGP. Certaines ont même été prononcées par des élus de mon camp politique (ndlr. Les Républicains) qui ne comprennent pas qu’il est temps que la France dispose d’une aire métropolitaine. Le fait métropolitain est incontestable, pourquoi chercher à freiner l’Histoire ? La zone dense autour de Paris a toujours évolué : Lutèce, c’était 9 hectares sous Louis XVI, Paris s’est agrandie à 3 300 hectares, aujourd’hui la Capitale s’étend sur 10 000 hectares à l’intérieur du périphérique. On peut imaginer que, dans 80 ans, la MGP s’appellera Paris…

Paris s’étendrait donc au périmètre de la MGP. La Métropole doit-elle se confondre avec la Région comme certains le préconisent ?

La Région ne peut pas se confondre avec le périmètre de la MGP. Nous n’avons pas les mêmes objectifs ni les mêmes particularités géographiques. Ses membres sont élus au suffrage universel, elle est compétente pour distribuer diverses subventions, elle établit les schémas directeurs régionaux, etc. De plus, son territoire est très rural par endroits. J’ose espérer que les faux débats disparaîtront en 2017 et que la MGP parviendra à travailler en complémentarité et en subsidiarité avec la Région.

Il y a déjà un « hic » : le Schéma régional de l’habitat et de l’hébergement (SRHH) ne vous convient pas…

En effet. La MGP donnera un avis défavorable concernant le SRHH car ce Schéma fait la loi à la place de la Métropole. C’est à nous de déterminer le nombre de logements à construire et où nous souhaitons les réaliser au sein des Établissements publics territoriaux (EPT). Je suis d’accord sur le principe : il est nécessaire de fixer des objectifs de logements à construire. Mais il faut que la situation soit éclaircie, d’autant que le Plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement (PMHH) devra prendre en compte le Schéma régional d’une manière générale et notamment pour augmenter la capacité d’accueil des hébergements d’urgence.

Plus généralement, la MGP s’est saisie de la compétence Aménagement. Qu’allez-vous en faire ?

Nous en sommes au début de nos réflexions. Ce qui est certain, c’est que nous travaillerons à la création de zones artisanales et de ZAC qui s’inscriront dans les orientations du Schéma de cohérence territoriale métropolitain. Le travail est conséquent sur 131 villes. Nous espérons terminer sa rédaction au plus vite et, je l’espère, dans les deux ans. En attendant, nous contribuons aux financements de projets dans les communes. Grâce aux 16 millions alloués par l’État dans le cadre du Pacte État-Métropoles, nous avons notamment reversé 1,5 M€ pour la couverture du rond-point des Bergères à Puteaux, 1 M€ pour la rénovation thermique du théâtre des Amandiers à Nanterre et 1 M€ pour lancer la construction de la Tour maraîchère à Romainville.

Retrouvez l’intégralité de l’interview dans le dernier numéro d’Objectif nouveau Grand Paris.

Crédit photo : Métropole du Grand Paris.

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